AUGARDE Albert

Par Jacques Girault

Né le 4 janvier 1915 à Bône (Algérie), mort le 10 décembre 2005 à Nîmes (Gard) ; instituteur en Algérie puis dans le Gard ; secrétaire des sections de Constantine puis de Bône du SNI.

Fils d’un laitier, Albert Augarde reçut tous les sacrements catholiques et fit donner les premiers sacrements aux enfants qu’il eut avec le professeur privé de coupe et de couture épousée en mars 1944 à Bône. Après des études au cours complémentaire, il entra à l’École normale d’instituteurs de Constantine en 1932. Il enseigna à Zemourah (Bibans) en 1935, à Bône (1936), à Philippeville (1945-1955, école Ferdinand Buisson) puis dirigea l’école Victor Hugo à Bône, devenue école d’application après la création d’une école normale dans la ville vers 1959 (1955-1960).
Après avoir effectué son service militaire, mobilisé comme sergent au début de la guerre, prisonnier, Augarde resta en captivité en Allemagne.

Augarde, membre du Syndicat national des instituteurs depuis 1935, devint le secrétaire de la section du département de Constantine du SNI à partir de 1950-1951, puis de celle de Bône à partir de 1955. Il se prononçait toujours pour la majorité "autonome" du syndicat. Il participa à de nombreux congrès nationaux du SNI. Il intervint régulièrement à partir de 1953 dans les débats sur l’Outre-mer pour évoquer la scolarisation, politique qu’il désignait comme une « faillite », le 18 juillet 1953. Après un article de deux militants du courant « École émancipée » réclamant l‘élection par le peuple algérien d’une assemblée « qui décidera du sort et du régime en Algérie », il fut le chef de file de la protestation des secrétaires des sections du SNI d’Algérie qui menacèrent de démissionner du SNI si son journal continuait à publier des « nouvelles tendancieuses » Il intitula son article dans L’École libératrice du 6 mai 1955, « les retoucheurs » s’achevant ainsi « Solliciter les textes, les choisir, les rapprocher, c’est desservir une cause, c’est faire preuve d’un état d’esprit réactionnaire, c’est être l’ennemi de l’Algérie ». Au congrès de Bordeaux, le 21 juillet 1955, il exposa les besoins de l’école en Algérie mais aussi annonça que les sections algériennes refusaient de voter le rapport moral qui ne « réprouvait [pas] les attentats ». Lors du congrès de 1958, il se prononça contre l’indépendance et pour l’intégration.

Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1933, il quitta la Ligue des droits de l’Homme en 1947 en désaccord sur les réactions face à la fraude électorale. Candidat à des élections municipales complémentaires en 1947 pour deux sièges sur une liste d’anciens prisonniers de guerre, puis à nouveau en 1959 sur une liste socialiste, il fut battu. Il prit une retraite anticipée. Par la suite, il resta membre du syndicat et choisit de rester au Syndicat des enseignants en 1991.

Revenu en France, Albert Augarde exerça comme maître-auxiliaire de 1962 à 1970 au collège technique Etincelle et au lycée Duodah (promotion sociale) à Nîmes. Il participa à la création des Délégués départementaux de l’Éducation nationale et présida leur association. Il présida aussi le club des retraités de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (1971-1974). En décembre 1969, il créa une association regroupant des anciens instituteurs dépendant de l’Inspection académique de Constantine dont il était le secrétaire général. L’association publia un bulletin ronéotypé Le Lien académique du Constantinois jusqu’en 1973.

Albert Augarde, veuf en 1968, se remaria en septembre 1972 à Angers (Maine-et-Loire) avec une institutrice retraitée et veuve.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10448, notice AUGARDE Albert par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 12 janvier 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé et sa famille.

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