AUDRAN Léon, Jean, Paul, Marie

Par Marie-Louise Goergen, François Prigent

Né le 28 juin 1898 à Hennebont (Morbihan), mort le 23 décembre 1979 à Étampes (Essonne) ; chef d’études à la SNCF ; militant SFIO ; conseiller municipal d’Étampes (Seine-et-Oise) entre 1945 et 1953 ; responsable FO Morbihan ; militant laïque et coopératif ; dirigeant de la fédération de la SFIO Morbihan ; trésorier fédéral de la SFIO Morbihan ; gérant du Rappel du Morbihan ; candidat aux municipales de Lorient (1959) ; candidat aux cantonales à Vannes (1964 et 1967) ; conseiller municipal puis adjoint socialiste à Lorient (1965-1977) ; dirigeant de la FGDS 56 (1966-1968).

Léon Audran naquit dans une famille républicaine, son père était quartier-maître de Mousqueterie de la Marine. Il suivit sa scolarité dans les écoles publiques. Ancien combattant de 1914-1918, il adhéra à la SFIO durant les années 30, tout comme ses frères. Après un bref passage à l’Arsenal de Lorient, il devint chef d’études administratives à la SNCF. Durant la Résistance, il fut marqué par la trajectoire de son frère Émile Audran, dit « Gabriel », membre du réseau Alliance S 75, démantelé à Nantes en décembre 1943 (avec Auguste Vigouroux dit « Toulgoat » et Raymonde Dubois). Déporté, Émile Audran mourut le 25 février 1945 à Hanovre dans les camps nazis.
Léon Audran, syndiqué à la CGT, fut élu conseiller municipal d’Étampes dans la Seine-et-Oise entre 1945 et 1956. Contrôleur principal au service régional de l’Union Sud-Ouest, il fut candidat sous l’étiquette SFIO aux cantonales de 1949 et 1955, ainsi qu’aux législatives de 1951 et 1956, se présentant dans sa profession de foi, comme secrétaire de la section socialiste SFIO et de l’Union cantonale d’Étampes. Militant syndicaliste actif, membre du CAS, Léon Audran participa au congrès constitutif de la fédération FO des cheminots en mars 1948. Il fut secrétaire général de l’Union des cadres de l’Union Sud-Ouest en octobre 1949, membre du bureau national de l’UNCM en juin 1950, membre du bureau fédéral, au titre de l’UNCM en mai 1952. Il participa au congrès fédéral de juin 1954 et de l’Union Sud-Ouest en juin 1954, à la conférence nationale du service Bureaux et Magasin en novembre 1954.
Ce cheminot retourna à Lorient pour sa retraite, où il retrouva à la SFIO ses deux autres frères, conseillers municipaux à Lanester et Inzinzac-Lochrist (Jacques, préparateur en pharmacie né en 1934 était même secrétaire de section du PS dans les années 70), militant à Hennebont. S’occupant de l’animation des réseaux FO, notamment les Vieux Travailleurs de Lorient, il était secrétaire de la fédération des cheminots retraités, dirigeant « Le Refuge », coopérative de soutiens aux retraités cheminots bretons. Dès son arrivée, il s’imposa comme un militant influent de la section de Lorient, représentant les filières ouvrières (Arsenal, SNCF), principal ancrage de FO. Implanté dans le quartier de Kerentrech, il figurait en 3e position derrière Jean Penquer (trésorier national UFAC, adjoint de Keryado), de la liste de Jean le Coutaller, défaite notamment en raison de l’alliance du PSA (René Dervout) avec le PC. Gérant du Rappel du Morbihan, trésorier fédéral, il formait un trio de dirigeant de la SFIO dans les années 60 avec Yves Allainmat (maire de Lorient en 1965, député en 1967) et Yves Guélard (instituteur, responsable SNI et secrétaire fédéral) qui à eux 3 fournissaient l’essentiel de la copie de l’hebdomadaire SFIO. Candidat aux cantonales de 1964 à Vannes-Est, où la fédération SFIO fit un effort important pour présenter un maximum de candidats, il recueillit 17.6 %. Conseiller municipal en 1965, représentant de la SFIO dans l’exécutif de la nouvelle FGDS en mars 1966, il occupa les fonctions d’adjoint à la mort de Piriou en 1967 aux côtés des autres élus SFIO Jules Le Flohic (commerçant, Keryado), Yves Demaine (commerçant) et Jean Le Moing (directeur du CIO, conseiller général). Cheville ouvrière de la SFIO lorientaise, militant LDH laïque, il fut à nouveau candidat aux cantonales de 1967 à Vannes-Ouest et suppléant aux législatives la même année. En 1971, il était membre de la tendance « Bataille Socialiste ». En 1973, tout en restant conseiller municipal, il passa le relais à son collègue Yves Guélard comme adjoint aux finances et au personnel, lors du renouvellement municipal qui vit l’installation de Jean Lagarde comme maire à la place de Yves Allainmat, qui retrouvait son siège de député, perdu en 1968. Dès lors, il incarnait les filières traditionnelles de la SFIO (FO, franc-maçon, coopératives HLM), déclinantes face à l’entrée massive de militants rocardiens issus des matrices militantes chrétiennes. Sa femme Louise, militante assidue, faisait partie de l’équipe du pliage du Rappel du Morbihan, rue Nayel. Le 23 décembre 1979 à l’âge de 81 ans, Léon Audran fut enterré religieusement. Lors de son installation à la mairie de Lorient en 1981, Jean-Yves Le Drian alla se recueillir sur trois tombes de militants lorientais qui symbolisaient les trois générations successives d’implantation du milieu partisan : Emmanuel Svob (maire entre 1925 et 1946), Jean le Coutaller (parlementaire et secrétaire fédéral entre 1945 et 1959) et Léon Audran.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10427, notice AUDRAN Léon, Jean, Paul, Marie par Marie-Louise Goergen, François Prigent, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 12 août 2017.

Par Marie-Louise Goergen, François Prigent

SOURCES : Archives Nationales F1CII 126, 280 et 316. — Arch. OURS, dossiers Morbihan et fichier « Bataille Socialiste », fonds Fuzier. — Archives FO cheminots ; Barodet 1956. — Archives Fédérales du PS 56. — État civil ; Le Rappel du Morbihan (1953-1980). — Notes de Gilles Morin et Louis Botella.

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