Née le 23 mai 1938 à Chalindrey (Haute-Marne), morte accidentellement le 3 janvier 2005 à Créteil (Val-de-Marne) ; professeure à Créteil ; militante d’extrême gauche ; militante du cinéma ; historienne et critique de cinéma.

Fille d’un couple d’instituteurs (Ernest Audugé, né à Villapourçon, Nièvre et Lucette Truchet, née à Pouilly-sur-Loire, Nièvre), étudiante à Dijon, Françoise Audugé lutta contre la guerre d’Algérie dans la cadre du mouvement Jeune résistance. Elle débuta son action culturelle dans le mouvement des ciné-clubs, plus précisément à la Fédération Jean-Vigo. À partir de 1968, elle fut critique à Jeune cinéma puis à la revue Positif en 1977 sous la nom de Françoise Audé. Un des ses amis politique de Dijon qu’il lisait avec passion les articles de Françoise Audé et qu’il ne découvrit qu’à la mort de celle-ci de ancienne son amie politique Françoise Audugé . Un temps proche de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), elle collabora à Rouge quotidien, pour lequel elle suivit le Festival de Cannes. Elle écrivit aussi au Temps des femmes et collabora au Matin, à L’Avant-scène et à la revue de recherche sur l’histoire du cinéma 1895.
Enseignante, créatrice de la section cinéma du lycée Léon-Blum de Créteil, elle se battit pour que le cinéma soit inscrit comme une matière optionnelle au baccalauréat. Françoise Audé présidait l’Association nationale des enseignants et partenaires culturels des classes cinéma et audiovisuel. Elle était une militante de la reconnaissance du cinéma des femmes, auquel elle avait consacré plusieurs ouvrages : Ciné-modèles, cinéma d’elles en 1981, Cinéma d’elles en 2001, qui en constituait la suite, Chantal Akerman en 1982, Femmes et cinéma québécois en 1983, Agnès Varda en 1990, Films de femmes, Micheline Presle en 1987. Domiciliée à Créteil, elle fut un pilier du Festival International de Films de Femmes de Créteil. Impliquée dans la défense du cinéma des salles d’art et d’essai de sa ville (La Lucarne et les salles du Palais), elle avait créé l’association « Gémini » qui se mobilisait pour éviter que les complexes multisalles ne tuent les salles de qualité. Elle militait également à ATTAC.
Toujours en pleine activité, elle fut fauchée par une voiture à côté de l’église de Créteil en janvier 2005. Sa crémation réunit au funérarium de Valenton (Val-de-Marne) une foule importante d’amis, de militants et de créateurs.
Elle était l’épouse de l’historien et critique de cinéma Jean-Pierre Jeancolas (1938-2017). Ils s’étaient mariés le 14 juillet 1959 à Dijon (Côte-d’Or).

SOURCES : Presse quotidienne et professionnelle. — Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981), Instrument du Grand soir ou lieu d’apprentissage ?, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 390. — Souvenirs de militants associatifs de Créteil. — État civil.

Claude Pennetier

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