ATTUYT (Madame)

Par Albert Ayache

Professeure ; syndicaliste SGEN du Maroc.

Professeure agrégée de mathématiques, Mme Attuyt fut membre de l’Amicale des professeurs de l’enseignement secondaire puis de la Fédération des Amicales. Elle adhéra, dès qu’elle se constitua, à l’Union des syndicats chrétiens CFTC en 1937. À partir de 1945, Mme Attuyt fut secrétaire de la section du Syndicat général de l’éducation nationale (SGEN) au Maroc qui fait partie de la CFTC. En mai 1952, elle entra au comité consultatif de la Fonction publique du Maroc comme membre titulaire.

Face à la répression, aux arrestations de syndicalistes et aux expulsions de communistes à la suite de l’écrasement de la manifestation appelant à la grève après l’assassinat, en décembre 1952, du leader syndicaliste tunisien Ferhat Hached, les enseignants français syndicalistes chrétiens du Maroc sous l’impulsion de Mme Attuyt et de Raymond Prallet*, adressèrent aux journaux français du Maroc, une lettre de protestation et de rectification des accusations coloniales demandant une « enquête impartiale » ; ils alertèrent, outre leur direction syndicale à Paris, le Centre catholique des intellectuels français. Leur défense des victimes de la répression, leur opposition à la réaction coloniale et aux pratiques policières de la Résidence générale visant à la fois le syndicalisme et le mouvement national marocain s’amplifièrent en un courant, certes minoritaire dans les milieux français, de protestation contre la destitution du Sultan et son remplacement par Ben Arafa.

Contre le groupe ultra-colonialiste « Présence française » qui fut mêlé à l’assassinat en juin 1955 de Jacques Lemaigre-Dubreuil, patron du journal Maroc-Presse qui soutenait la cause marocaine, ces syndicalistes chrétiens animèrent le mouvement « Conscience française ». Leur relais en France se trouvait à nouveau parmi « les intellectuels catholiques », auprès de l’hebdomadaire Témoignage chrétien et de la revue du SGEN Syndicalisme universitaire, qui dans le même temps dénonçaient l’horreur de la guerre française d’Algérie et la pratique de la torture. Avec Mme Attuyt, la section SGEN du Maroc apparaît ainsi dans le sillage du syndicalisme chrétien enseignant, encore minoritaire à la CFTC, qui s’exprimait dans la revue Reconstruction animée par Paul Vignaux et qui conduira la transformation de la CFTC en CFDT. Ces prises de position de syndicalistes chrétiens préparaient les relations et collaborations qui se noueront avec les centrales nationales au Maghreb et en Afrique, et pour le Maroc avec l’UMT de Mahjoub Ben Sedddik*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10335, notice ATTUYT (Madame) par Albert Ayache, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 27 février 2009.

Par Albert Ayache

SOURCES : Notes d’Albert Ayache. — Notice Raymond Prallet par Madeleine Singer pour le DBMOF.

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