ASTIER DE LA VIGERIE Emmanuel-Raoul (d’). Pseudonymes dans la Résistance : Bernard, Bertrand, Séran, Merlin

Par Laurent Douzou

Né le 6 janvier 1900 à Paris (XVIe arr.), mort le 12 juin 1969 à Paris (VIIe arr.) ; officier de marine, puis journaliste à Paris ; co-fondateur du mouvement de résistance Libération de zone sud, commissaire à l’Intérieur du CFLN (novembre 1943-septembre 1944), député d’Ille-et-Vilaine (1945-1958), directeur de Libération et de L’Événement.

Rien de plus improbable et de plus incongru a priori que la présence d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie parmi les notices d’un dictionnaire dédié aux militants du mouvement social et du mouvement ouvrier. Les quarante premières années de sa vie relèvent, en effet, davantage du Bottin mondain que des joutes intellectuelles ou des luttes revendicatives ; les dix dernières dessinent le portrait d’un homme cultivant intellectuellement et politiquement une originalité défiant l’analyse. Seuls sa trajectoire résistante et son prolongement politique après la guerre peuvent justifier sa présence ici.

Emmanuel d’Astier de la Vigerie, qui vit le jour en janvier 1900 dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris, était issu d’une vieille lignée aristocratique. Entre un père polytechnicien et officier de carrière, solidement ancré à droite, et une mère, née Montalivet, confite en dévotion et acquise aux idées d’Action française, ce dernier-né d’une famille qui comptait huit enfants grandit dans une atmosphère d’une étouffante austérité.

Trop jeune pour pouvoir s’engager dans la Grande Guerre, alors que ses frères François et Henri, nés respectivement en 1886 et 1897, s’y illustraient avec éclat, il entra à l’École Navale en 1918. Il ne fit pas carrière dans la Marine dont il démissionna après avoir accumulé les congés pour convenances personnelles. La seule véritable découverte de ces années de vie militaire, ce fut l’opium (dont il ne devait se déprendre que bien des années plus tard pour faire face aux exigences de la lutte clandestine). Rendu à la vie civile en 1927, Emmanuel d’Astier publia coup sur coup deux romans sans rencontrer le succès. Il vivota, exerçant différents métiers, réalisant quelques opérations immobilières lucratives qui lui permirent de dépenser sans compter pour se retrouver rapidement sans le sou.

En 1934, Emmanuel d’Astier se tourna vers le journalisme, publiant dans Marianne, puis dans 1935 où il signa quelques articles imprégnés d’antisémitisme. Sa collaboration à Vu, l’hebdomadaire de Lucien Vogel, commencée en juillet 1935, marqua une première prise de distance avec les positions très conservatrices héritées de son milieu familial. Le chroniqueur mondain léger, ami proche de Drieu La Rochelle et admirateur de Jacques Doriot, commença à s’intéresser aux affaires publiques. Emmanuel d’Astier couvrit l’occupation des usines Renault en mai 1936 et assista en janvier 1939 en Catalogne à la fin de la République espagnole. Mobilisé en août 1939 au centre de renseignements maritimes de Lorient (Morbihan), il était loin d’avoir achevé sa mue à la déclaration de guerre. On ne saurait d’ailleurs soutenir qu’il avait dès ce moment changé ; il faut se défier de prêter au d’Astier des années 1930 une conversion progressive qui rendrait harmonieusement — et facilement — compte du rôle qu’il joua à dater de 1940. Son parcours jusqu’à la défaite invite plutôt à conclure en toute rigueur que rien n’annonçait la transfiguration qui s’opéra alors chez lui.

Immédiatement hostile à Philippe Pétain, écœuré par la résignation constatée chez les militaires alors qu’il était encore sous les drapeaux, Emmanuel d’Astier entreprit, dès qu’il fut démobilisé à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 11 juillet 1940, de contacter des gens susceptibles de faire quelque chose. Son frère, le général d’aviation François d’Astier, Joseph Kessel, le commandant Édouard Corniglion-Molinier et André Malraux* furent approchés. Seul Édouard Corniglion-Molinier donna son accord. « Quantité de promesses et quantité de défaillances » : c’est ainsi que d’Astier évoqua après la guerre sa quête de volontaires et de moyens de l’été 1940.

Le groupe qu’il avait fondé avec Édouard Corniglion-Molinier n’était qu’une dénomination, La Dernière Colonne, en référence à cette « Cinquième Colonne » qui avait tant excité l’imagination des Français. C’est en novembre 1940 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), où était repliée l’Université de Strasbourg, que l’aventure prit réellement corps. Emmanuel d’Astier y rencontra Lucie Aubrac, Jean Cavaillès* et Georges Zérapha. Ils furent d’emblée d’accord sur le caractère inacceptable de la situation qui était faite à la France et sur la nécessité de lutter contre l’Occupant nazi. Point d’hésitation non plus sur l’attitude à adopter vis-à-vis du régime de Vichy et de son chef : le rejet était total.

Que faire ? Lucie Aubrac et Cavaillès envisageaient surtout une action politique contre le régime de Vichy ; d’Astier, plus casse-cou, parlait d’actions contre les Allemands et les collaborateurs par tracts et papillons. C’est lui qui eut gain de cause. On projeta aussi de mettre sur pied des expéditions punitives spectaculaires contre des ultras de la collaboration.

La rigueur conceptuelle et morale de Cavaillès, la fougue et l’expérience militante de Lucie Aubrac, la pratique longuement mûrie de Zérapha à la LICA auraient pu en remontrer à d’Astier. Il se trouve qu’il devint vite le cherf du groupe, sans que la question n’ait jamais été discutée. Sa disponibilité, l’antériorité de ses projets, le pouvoir de séduction de ce personnage brillant et atypique expliquent sans doute sa prééminence tôt établie dans le cénacle formé avec les nouveaux amis.

Pour imprimer le matériel de propagande, on fit appel à Jean Rochon, secrétaire de rédaction à La Montagne. Avec des moyens dérisoires, grâce à ses relations dans les imprimeries de la région de Clermont-Ferrand, ce journaliste de trente-sept ans, qui devait mourir en déportation au camp de Dora, réussit un véritable tour de force. L’expérience de Raymond Perrier*, ami de Jean Rochon et secrétaire de l’Union Départementale CGT du Puy-de-Dôme, fut également précieuse tout comme les complicités sur lesquelles il pouvait compter dans toutes les branches industrielles du département.

Malgré cela, les débuts furent rudes. Le groupe subit son premier revers avec l’arrestation le 28 décembre 1940 d’Édouard Corniglion-Molinier pour atteinte à la sécurité extérieure de l’État. Placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal militaire permanent de Marseille au Fort Saint-Nicolas, il fut libéré le 7 janvier 1941 et bénéficia trois jours plus tard d’une ordonnance de non-lieu. Lavé de tout soupçon, le premier compagnon de résistance d’Emmanuel d’Astier quitta immédiatement la France sans que ses camarades de La Dernière Colonne aient été inquiétés. Le vrai danger, pour l’heure, était ailleurs, dans le fait que le groupe végétait et s’étiolait. En février 1941, selon le témoignage de d’Astier, peu enclin à minimiser son organisation, le groupe ne devait pas excéder cent personnes. Pour briser cet isolement, on décida d’afficher, dans huit villes de zone sud, la même nuit du 27 au 28 février 1941, quelque 10 000 papillons s’en prenant notamment à Gringoire. L’arrestation à Nîmes de quatre jeunes gens enrôlés pour coller les papillons menaça l’existence même du groupe. Un mandat d’arrêt fut lancé contre Emmanuel d’Astier tandis que sa nièce Bertrande était écrouée. La première action d’envergure de La Dernière Colonne se soldait par un échec cuisant. Emmanuel d’Astier plongea dans la clandestinité. Ses amis se mirent en sommeil. Tout était à revoir.

S’achevait ainsi la première phase qui avait vu émerger un noyau dont les perspectives de départ étaient à la fois floues et irréalistes. Mais la consolidation de ce noyau, dans cette première étape, importait plus que les objectifs qu’il s’était assigné. Ses membres pensèrent alors à faire un journal clandestin, aboutissement logique de la chaîne qui avait mené des inscriptions aux tracts et aux affiches. De mai à juin 1941, la préparation de la publication à venir absorba toute l’activité du groupe. Le titre de Libération, suggéré par Jean Cavaillès, résumait d’une façon symbolique et offensive la volonté qui sous-tendait la création du journal. Il fallait libérer le pays du joug allemand et de la férule vichyste. La substitution du terme de Libération à celui de La Dernière Colonne était le meilleur indice de la maturation de la pensée intervenue depuis l’automne 1940.

La parution des 10 000 exemplaires du premier numéro de Libération, daté de juillet 1941, représentait en soi un exploit. Le deuxième numéro parut en août. Le numéro trois fut daté de septembre-octobre. Quant au suivant, dactylographié et non plus composé, il ne sortit qu’en décembre. Le groupe était en butte à des difficultés insurmontables, faute d’appuis et de relais. L’argent faisait cruellement défaut. L’imprimeur des trois premiers numéros fit défection (ce qui explique l’intervalle anormalement long entre les numéros trois et quatre). Et puisqu’il fallait impérativement tenir et paraître, c’est Raymond Perrier* qui tira le numéro quatre sur la ronéo de l’Union départementale CGT du Puy de Dôme. La nécessité de trouver un second souffle s’imposait puisque le groupement qui rédigeait, finançait et diffusait Libération ne se résolvait pas à accepter un échec qui paraissait se préciser au fil des mois. C’est une mort lente, par asphyxie, financière au premier chef, qui guettait le Mouvement.

Face à ce nouveau défi, l’intuition de d’Emmanuel d’Astier fut que la réponse ne pouvait être que politique : il fallait gagner des sympathisants et les organiser, faire reculer l’emprise du régime de Vichy sur l’opinion et, pour cela, s’assurer le concours de gens organisés résolus à s’opposer à Vichy pour des raisons politiques et morales.

Par Pierre Ferri-Pisani, secrétaire des dockers CGT à Marseille et membre de la SFIO depuis 1930, Emmanuel d’Astier eut très tôt le contact avec Daniel Mayer*, secrétaire général du CAS en zone sud depuis le printemps 1941. Le militant politique rompu qu’était Daniel Mayer ne pouvait qu’être circonspect devant la démarche du dirigeant inexpérimenté d’un Mouvement naissant. Il accepta pourtant de travailler avec d’Astier. Daniel Mayer et ses camarades du CAS versèrent leurs troupes à Libération-Sud, sans lui accorder d’exclusivité. Le réseau de cadres auquel d’Astier eut de la sorte progressivement accès aida puissamment le Mouvement qui pouvait par ailleurs compter sur l’appui d’autres socialistes actifs et influents : Maurice Cuvillon, Just Évrard*, Augustin Laurent*, André Philip* et Pierre Viénot*.

Mais la rencontre capitale pour Libération fut bien celle de d’Astier avec Léon Jouhaux *, secrétaire général de la CGT réunifiée. Son organisation dissoute, cette haute figure du syndicalisme, à la tête de la CGT depuis 1909, se cachait dans la région sétoise. Jouhaux, l’homme qui parlait peu et ne parlait pas pour ne rien dire, déconcerta d’Astier le séducteur, l’amateur de propositions brillantes, brutalement ramené à la condition d’un candidat poussif face à un examinateur taciturne. D’Astier vit Jouhaux à deux reprises en août et novembre 1941. Le dirigeant syndical accepta le principe d’une entente organique entre Libération et les militants et cadres de la CGT hostiles à la Révolution nationale. Cet accord apportait au Mouvement tout le réseau des responsables syndicalistes cégétistes fidèles à Jouhaux. Le recrutement en fut d’emblée grandement facilité et l’audience de Libération s’accrut dans des proportions dont nul n’eût osé rêver en son sein ! Il put prendre appui, pour tisser sa toile, sur une trame de qualité, forte de ses traditions et de ses sympathisants.
Du coup, la tonalité politique et sociale de Libération fut d’une netteté dont les Mouvements, par nature, n’étaient pas coutumiers. Le journal devint le moyen d’expression privilégié de la direction clandestine de la CGT résistante. Emmanuel d’Astier respecta l’engagement qu’il avait pris d’offrir une page entière — sur les quatre que comptait en principe chaque numéro — à la centrale syndicale. La première manifestation visible du soutien de Jouhaux au journal et au Mouvement Libération revêtit la forme d’un appel publié dans le numéro quatre de décembre 1941. S’il n’était pas signé bien sûr, le style en était reconnaissable. Et le journal l’introduisait en ces termes : « Cet appel a été rédigé par les plus qualifiés représentants de la classe ouvrière, par ceux qui ne sont pas soumis, qui n’ont pas trahi. » Et de préciser : « D’autre part nous sommes fiers de pouvoir annoncer à nos lecteurs que les grandes organisations qui représentent une des parties les plus saines de notre nation ont accepté de grand cœur d’appuyer notre mouvement de libération ». Julien Forgues et Albert Guigui* à Toulouse, Jean Baylot à Pau, Antoine Ceccaldi* à Sète, Pierre Ferri-Pisani* à Marseille, Raymond Perrier* à Clermont-Ferrand, Marius Vivier-Merle* à Lyon, Robert Lacoste* à Thonon-les-Bains et nombre de cadres aguerris se mirent au service du Mouvement. D’Astier avait réussi là un coup de maître.

Au moment où la stratégie définie par Emmanuel d’Astier portait ses premiers fruits, l’arrivée d’un jeune syndicaliste CFTC, Léon Morandat*, dit Yvon, venu de Londres en qualité d’émissaire du général de Gaulle pour prendre contact avec les syndicats et groupes résistants, libéra les mouvements de leurs soucis financiers. Elle renforça surtout les positions de Libération. En effet, Morandat ne tarda pas à entrer au comité directeur du Mouvement, lui donnant de précieux contacts avec de très nombreux cadres résistants de la CFTC, tel Lucien Rose*.

Rançon de son succès, Libération se dota, en effet, à la fin de l’année 1941, d’un comité directeur comprenant un représentant de la CGT (Forgues, puis Lacoste), un représentant de la CFTC (Marcel Poimbœuf*), un représentant du CAS (Augustin Laurent*, Pierre Viénot ensuite) et Yvon Morandat. Il semble bien que la désignation des membres du comité directeur ait été décidée par d’Astier lui-même. Un tel organisme aurait pu limiter l’autonomie d’Emmanuel d’Astier et de ses amis à la tête du Mouvement puisque le comité exécutif n’aurait en principe dû entreprendre aucune action importante sans l’accord du comité directeur. C’eût été mal connaître la volonté d’indépendance des animateurs de Libération rétifs à toute tutelle. De fait, le comité directeur se réunit peu et l’organisme de décision resta d’un bout à l’autre le comité exécutif, c’est-à-dire le groupe des fidèles qui privilégia toujours le Mouvement par rapport à toute autre organisation. S’il joua tout de même un certain rôle à ses débuts, le comité directeur entra progressivement en sommeil.

Sa principale vertu fut de traduire sans équivoque l’ancrage à gauche du Mouvement. C’était chose à ne pas négliger dans l’optique de la rivalité qui commençait à poindre avec le Mouvement de Libération Nationale dirigé par Henri Frenay. La représentativité des membres du comité directeur venait opportunément souligner indirectement le caractère droitier d’un concurrent d’autant plus redouté qu’on le savait plus avancé que Libération, notamment dans le domaine de l’organisation paramilitaire.

Ainsi s’explique qu’Emmanuel d’Astier ait choisi de ne pas assister à la réunion au cours de laquelle, à Grenoble, à l’automne de 1941, Liberté et le MLN fusionnèrent pour former Combat. Voilà aussi pourquoi d’Astier fit des pieds et des mains pour être le premier chef de Mouvement de zone sud à partir pour Londres où il rencontra le général de Gaulle en mai 1942. Une année avait suffi à métamorphoser une organisation famélique et quasi fantomatique en un collectif prometteur, solidement arrimé au mouvement ouvrier. Et chaque jour davantage la personnalité de d’Astier émergeait de ce collectif.

Revenu en France en juillet, d’Astier repartit pour Londres en septembre en compagnie d’Henri Frenay. Ils étaient à nouveau à pied d’œuvre à Lyon en novembre après avoir scellé à Londres l’accord qui créait un comité de coordination des trois principaux mouvements de la résistance non communiste de zone sud, préfiguration d’une véritable fusion proclamée en janvier 1943 avec la naissance des Mouvements Unis de Résistance. Après un nouveau séjour à Londres (avril-juillet 1943), Emmanuel d’Astier quitta définitivement la France pour devenir le 7 novembre 1943 commissaire à l’Intérieur du CFLN. En contact étroit avec Pascal Copeau,* qui avait assuré son intérim avant de lui succéder à la tête de Libération, il suivit dès lors de loin les péripéties et les drames de la lutte clandestine en France occupée. La présence de militants et de cadres communistes à la direction de Libération-Sud nourrit des rumeurs insistantes de noyautage des instances unifiées de la Résistance intérieure. À l’image de la Résistance dans son entier, le Mouvement glissa à gauche en 1943 et 1944.

Auréolé du prestige qui s’attachait à sa qualité de chef de Mouvement et de Compagnon de la Libération de mars 1943, Emmanuel d’Astier quitta le gouvernement en septembre 1944 et prit la direction du journal Libération. Ayant défendu en vain au congrès du MLN de janvier 1945 la fusion avec le Front national, il exhala sa désillusion en juillet en publiant Avant que le rideau ne tombe. Élu député d’Ille-et-Vilaine en octobre 1945 en tant que tête d’une liste d’ » Union des républicains et résistants » soutenue par le Parti communiste, il siégea au Parlement sans discontinuer sous la IVe République. Il y fut un compagnon de route constant, participant à la fondation des Combattants de la liberté et de la paix, militant au Mouvement de la paix, déposant contre Kravchenko, devenant le chef de file des députés progressistes. À partir de 1948, le journal Libération ne dut sa survie qu’aux subsides que le Parti communiste lui versa clandestinement. S’il condamna l’intervention soviétique en Hongrie en novembre 1956, d’Astier n’en reçut pas moins le prix Lénine de la paix pour « sa noble activité en faveur de la paix » (décerné en 1957, remis à l’intéressé en février 1958). Battu aux élections législatives de novembre 1958, il retourna à l’écriture et au journalisme, dirigeant Libération jusqu’à sa disparition en 1964 (le Parti communiste ayant décidé de ne plus le financer), puis à partir de 1966 L’Événement. Il rompit sans faire d’éclat avec le Parti communiste. En mars 1965, il inaugura une émission mensuelle à la télévision, successivement appelée « L’Événement », puis le « Quart d’heure. » En 1965, il soutint de Gaulle à l’élection présidentielle. Aux législatives de 1967, il appuya des candidats UNR. Décidément inclassable, il ne resta pas insensible aux sirènes de mai 1968 mais appela à voter Pompidou contre Poher en juin 1969.
Il est enterré au Père-Lachaise, 10e division (CAP n°8823).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10315, notice ASTIER DE LA VIGERIE Emmanuel-Raoul (d'). Pseudonymes dans la Résistance : Bernard, Bertrand, Séran, Merlin par Laurent Douzou, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 7 juin 2010.

Par Laurent Douzou

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

ŒUVRE : Passage d’une américaine, Paris, au Sans Pareil, 1927, 85 p. — Passages, Paris, au Sans Pareil, 1 928. — Sept jours en été, Alger, Tunis, Éditions de la revue Fontaine, 1944, 42 p. — Avant que le rideau ne tombe, Paris, Sagittaire, 1945, 48 p. — Sept jours, Paris, Les Éditions de Minuit, 1945, 88 p. — Sept jours en exil, Paris, J. Haumont, 1946, 91 p. — Sept fois sept jours , Paris, Les Éditions de Minuit, 1947, 250 p. — Les Dieux et les hommes, Paris, Julliard, 1952 — L’Été n’en finit pas, Paris, Julliard, 1954. — Le Miel et l’absinthe, Paris, Julliard, 1957 — Les Grands, Paris, Gallimard, 1961. — Sur Saint-Simon, Paris, Gallimard, 1962. — Sur Staline, Paris, Plon, 1963. — De la chute à la libération de Paris, 25 août 1944, Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France », 1965, 397 p. — Portraits, Paris, Gallimard, 1969, 352 p.

SOURCES : Arch. Nat., Papiers Emmanuel d’Astier de la Vigerie, 65 Mi 1-5 ; 72 AJ 60 ; F7/15480, n° 168. — Ordre de la Libération, dossier Emmanuel d’Astier de la Vigerie. — Crémieux Francis, Entretiens avec Emmanuel d’Astier, Paris, Belfond, 1966, 192 p. — Jean-Pierre Tuquoi, Emmanuel d’Astier, La plume et l’épée, Paris, Arléa, 316 p.

ICONOGRAPHIE : Marcel Ophuls, Le chagrin et la pitié, 1969.

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