BUREAU René, Gaston

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 17 novembre 1887 à Chéroy (Yonne), mort le 14 août 1921 à Cosne (Nièvre) ; négociant en tissus ; militant socialiste puis communiste ; membre de la CAP du Parti socialiste à partir de février 1920 et du Comité directeur du Parti communiste élu au congrès de Tours (décembre 1920) ; secrétaire de la Fédération communiste de Seine-et-Oise.

Fils d’un riche propriétaire d’une maison de tissus — cotons et toiles en gros — (Bureau Alphonse, Oscar, né vers 1857), René Bureau épousa le 20 avril 1912 à Doué (Maine-et-Loire), Renée, Candine Nouteau, fille d’un important pépiniériste, qui lui apporta une forte dot. Ils eurent deux filles nées le 18 octobre 1913 et le 8 février 1919. René et son frère Marcel prirent la succession de leur père à la tête de la maison de commerce ayant son siège 15, rue de la Cerisaie (puis semble-t-il rue d’Aboukir). Il parlait russe, anglais et allemand.

Mobilisé au début de la Première Guerre mondiale puis réformé n° 2 pour blessures à la tête, René Bureau vivait 44, quai Henri IV en octobre 1916. Au début de l’année 1917 il acheta à Brunoy (Seine-et-Oise) une propriété pour y vivre pendant la belle saison et plusieurs immeubles (la police lui connaissait cinq propriétés en 1919). L’un d’eux fut confié aux syndicats locaux pour créer une Maison du Peuple et une coopérative de consommation, l’Union des consommateurs de la banlieue sud de Paris, qui prit une certaine extension. Il en était comptable.

Depuis quelle date appartenait-il au Parti socialiste ? Les rapports de police signalèrent son accession au secrétariat adjoint de la 4e section de la Seine le 14 février 1917. Son militantisme se déplaça vers Brunoy dont il devint conseiller municipal le 30 novembre 1919. L’Humanité du 17 août 1921 le présentait comme « un des plus anciens militants » du Comité de la IIIe Internationale. Sa tendance l’emporta en Seine-et-Oise avant le congrès de Strasbourg (25-29 février 1920). Il se rendit à cette réunion nationale porteur, avec les sept autres délégués de son département, de 171 mandats qui se répartirent ainsi : Pour la Reconstruction de l’Internationale 78 mandats ; Pour la Reconstruction avec amendement Blum 2 mandats ; Pour la IIIe Internationale 91 mandats. À l’issue du congrès il entra à la Commission administrative permanente et siégea à sa commission de propagande. Il fut arrêté le 3 juillet 1920 pour complot contre la sûreté intérieure de l’État puis mis en liberté provisoire. Son nom figure parmi les 294 signataires de la motion d’adhésion sans réserve à la IIIe Internationale (Comité de la IIIe Internationale et Cachin-Frossard). Son intervention au congrès de Tours (25-30 décembre 1920) souligna son rôle dans la préparation de l’adhésion à la IIIe Internationale en Seine-et-Oise. Il rassembla 85 % des mandats sur la motion Cachin-Frossard. Le congrès l’élut au Comité directeur du Parti communiste naissant. Lors de la réunion du 4 janvier 1921, il fut désigné à la commission des Statuts et règlements. Créateur de la section socialiste de Brunoy en mars 1919, il devint secrétaire de la section communiste et premier secrétaire de la Fédération communiste de Seine-et-Oise.

En fait, Bureau avait d’autres activités mal connues, en rapport avec sa profession de grossiste. Sa fortune importante en faisait le bailleur de fonds du journal l’Aube sociale. Il avait des relations d’affaire avec Léonide Krassine installé à Londres et par l’intermédiaire duquel transitaient certains fonds de l’Internationale.

L’intensité de son militantisme ébranla une santé fragile. Il dut donner sa démission du secrétariat fédéral au cours de l’année 1921 et partir se reposer à Cosne (Nièvre) où il mourut d’une crise cardiaque. Il avait demandé à être enterré sans fleurs, ni couronnes, ni discours, en « complète harmonie, lisait-on dans l’Humanité, avec la vie et le caractère de ce parfait militant d’une modestie sans exemple, qui se donna tout entier (...) avec toute sa ferveur silencieuse et agissante » (l’Humanité, 19 août 1921). Les obsèques eurent lieu le 18 août 1921 au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine en présence d’un millier de militants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article103040, notice BUREAU René, Gaston par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12992, F7/13090, F7/13620. — Arch. PPo. Ba 1695. — Bulletin communiste, 4 novembre 1920 et 18 août 1921. — L’Humanité, 17 et 19 août 1921. — Le Congrès de Tours : Édition critique, op. cit. — Renseignements fournis par Jacques Girault.

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