ASSAILLIT Henry

Par Noëlline Castagnez, Gilles Morin

Né le 23 mars 1895 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mort le 30 juin 1972 à Artigues (Ariège) ; inspecteur principal de la Sûreté nationale puis propriétaire exploitant ; socialiste SFIO ; maire d’Artigues (1947-1955) ; conseiller général de Quérigut (1945-1955), président du conseil général de l’Ariège (1945-1949), conseiller de la République puis sénateur (1948-1955).

[Sénat]

Fils d’une couturière, après ses études primaires à Perpignan, Henry Assaillit, suivit jusqu’en classe de première les cours du collège de la ville et obtint à son issue la première partie de son baccalauréat. Il s’engagea alors comme volontaire au 122e régiment d’infanterie. Marié à Artigues (Ariège) le 11 octobre 1917 avec Marceline Olive, Blessé deux fois, il acheva la Grande guerre comme sergent, mais en sortit diminué et était par la suite pensionné à 65 % et fut démobilisé le 25 août 1919.

En 1920, Henry Assaillit débuta comme inspecteur de police spéciale à Arras (Pas-de-Calais). Il fut ensuite affecté à Besançon (Doubs) puis à la brigade mobile de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il avait adhéré à la SFIO en 1920, militait à la Ligue des droits de l’homme et fut initié à la maçonnerie aux « Vieux amis de l’Orient », loge marseillaise de rite écossais. Cette appartenance à une société secrète lui valut d’être révoqué de ses fonctions d’inspecteur de police le 21 décembre 1942. Il se retira alors sur les propriétés de sa femme, à Quérigut dans l’Ariège. Il devait y mener des activités de résistance « isolée », organisant des passages par les Pyrénées. À la Libération, il fut désigné comme président du Comité local de Libération. Réintégré dans ses fonctions de policier en décembre 1944, il devait se mettre rapidement un congé de longue durée afin de se consacrer totalement à la vie politique, puis fut admis à la retraite le 16 janvier 1946 avec le grade de commissaire.

Dès 1945, Henry Assaillit devint une personnalité socialiste de premier plan en Ariège. Élu maire d’Artigues en avril 1945, il fut réélu en 1947 et 1953. En septembre 1945, il était également élu conseiller général de Quérigut, sans concurrent, avec 499 voix sur 952 inscrits et 599 votants, et il accéda immédiatement à la présidence de l’Assemblée départementale. Il devait la conserver jusqu’en mars 1949, où il céda la place à son camarade de Parti, Gilbert Faure*. Il réintégra néanmoins le bureau de l’Assemblée départementale après le renouvellement du 17 octobre 1951, où il fut désigné comme vice-président du Conseil général.

Henry Assaillit accéda à une carrière nationale en étant élu conseiller de la République, le 7 novembre 1948. Il n’avait pas obtenu l’investiture du Parti en novembre 1946, car les militants lui avaient alors préféré Saint-Alary, mais ce dernier avait été battu par le communiste Aimé Molinié*. En 1948, par 302 voix sur 573 votants au premier tour, Assaillit remplaça le sénateur communiste grâce au report des voix MRP. À la Haute-Assemblée, il occupa des places importantes : membre de la commission de l’Intérieur, il était vice-président de la commission du suffrage universel et du contrôle constitutionnel et également vice-président du groupe socialiste au Sénat en 1955.

Délégué cantonal de la CGA, l’ancien policier, devenu propriétaire exploitant, s’imposa rapidement comme un spécialiste des questions agricoles. La CGA étant contrôlée par les communistes, avec l’aide de l’ancien socialiste Valentin Payrat, Henry Assaillit s’efforça de la dégager de la tutelle communiste et cumula les fonctions dans les institutions du monde paysan. Il fut élu président du conseil d’administration de la Mutualité sociale agricole le 25 juin 1950, puis désigné comme président de la Chambre d’agriculture en 1951, poste qu’il occupa jusqu’en 1955. Une note des RG en août 1950 affirme qu’il jouissait d’une « influence notable » dans les milieux agricoles et qu’il était considéré comme « un parlementaire dévoué et un homme probe ».

L’assise politique d’Henry Assaillit bascula brusquement, le 19 mai 1955, lorsque le congrès fédéral de la SFIO, par 137 voix contre 60 au second tour de scrutin, ne lui renouvela pas sa confiance et lui préféra comme candidat au renouvellement des sénatoriales le secrétaire fédéral, Jean Nayrou*. Henry Assaillit fit cependant acte de candidature, le 15 juin 1955, sous l’étiquette « socialiste indépendant ». D’après les Renseignements généraux, Alexandre Rauzy*, ancien parlementaire socialiste exclu à la Libération, l’aurait conseillé en sous-main en l’assurant du soutien des radicaux. Il fut donc exclu par la fédération et connut une cuisante défaite : Jean Nayrou fut élu au premier tour avec 293 des suffrages des grands électeurs, alors que lui-même n’en obtenait que 58, soit moins que le candidat radical (avec 111) et que le communiste (avec 78). Après cet échec, à soixante ans, Assaillit se retira totalement de la vie publique, en démissionnant en cascade de tous ses postes, à la mairie, au conseil général, à la Chambre d’agriculture et à la Mutualité agricole.

Henry Assaillit s’était marié avec Olive Marceline, née le 27 février 1893 à Artigues. Ils n’eurent pas d’enfant. Il était décoré de la Croix de guerre 1914-1918 avec quatre citations et de la Médaille militaire. Il mourut en 1972 à Artigues.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10302, notice ASSAILLIT Henry par Noëlline Castagnez, Gilles Morin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 2 septembre 2014.

Par Noëlline Castagnez, Gilles Morin

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat., F7/15 534, n° 2839 ; F/1a/3 352 ; F/1cII/255, 256, 270, 305, 306 ; F/1cIV/151. — Arch. OURS, correspondance fédérale de l’Ariège. — Assemblée nationale constituante, Notices et portraits, 1946. — Conseil de la République, Notices et portraits, septembre 1952 — Noëlline Castagnez, Socialistes en République. Les parlementaires SFIO de la IVe République, Presses universitaires de Rennes, 2004. — DPF, t. 1. — État civil.

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