ASCENCIO Jean, Donatien

Par Noëlline Castagnez, Gilles Morin

Né le 4 juillet 1886 à La Rochelle (Charente-Inférieure aujourd’hui Charente-Maritime), mort le 3 août 1954 à Angers (Maine-et-Loire) ; marchand étalagiste ; secrétaire de la fédération socialiste du Maine-et-Loire de 1931 à 1939 puis de 1944 à 1947 ; conseiller de la République (1946-1948).

[Sénat]

Après des études primaires, son CEP en poche, Jean Ascencio s’engagea un temps dans la marine, puis une fois marié, fut camelot. Il vendait avec son épouse des articles de Paris sur les marchés. Amputé de la jambe gauche, il ne fut pas mobilisé pendant la guerre. Il adhéra assez tard au Parti SFIO, à trente-quatre ans, en 1920, car il militait par ailleurs à la Ligue des droits de l’homme et à la section angevine de la Libre pensée. Franc-maçon, il présidait aussi l’Amicale laïque Jules Ferry (Angers-Doutre) et était délégué cantonal.

Jean Ascencio fut secrétaire de la fédération SFIO en 1931-1939 et fut candidat SFIO aux élections cantonales de 1937, à Angers-Sud-Est. Il fut délégué aux derniers congrès nationaux de 1938 et 1939, avant la Deuxième Guerre mondiale. Au congrès de Nantes, en mai 1939, où les responsables du Parti se déchiraient entre « bellicistes » et « pacifistes bêlants », il se prononça pour le rétablissement de la Tribune libre dans Le Populaire, thèse soutenue essentiellement par les paul-fauristes, c’est-à-dire les pacifistes et anticommunistes réunis autour du secrétaire général depuis Munich.

Conseiller municipal d’Angers, Jean Ascensio fut révoqué par Vichy et entra en Résistance dans le mouvement Libération-Nord, qui comptait de nombreux socialistes dans ses rangs. Il appartint au Comité départemental de Libération, au titre de la SFIO. Il contribua à la reconstitution de sa fédération et en retrouva la direction de 1945 à 1947, après avoir été brièvement secrétaire fédéral adjoint en novembre-décembre 1944. Délégué au congrès national de 1945, il intervint sur la réforme des statuts du Parti. Il dirigeait le journal socialiste angevin, L’Effort social.

Rétabli conseiller municipal d’Angers dans la délégation provisoire en août 1944, Ascensio fut réélu en avril 1945, avec la municipalité de gauche dirigée par le socialiste Auguste Allonneau* jusqu’en octobre 1947. Puis il fut régulièrement réélu conseiller municipal jusqu’à sa mort en 1954, et appartint à l’opposition. Il était membre des instances de la fédération des élus socialistes municipaux et cantonaux. En septembre 1945, il tenta de nouveau de se faire élire conseiller général, à Angers-Nord-Ouest, en vain, et à Baugé, en 1949. À l’occasion des élections à la deuxième Assemblée nationale constituante, le 2 juin 1946, Ascencio était en deuxième position sur la liste SFIO, derrière Auguste Allonneau, qui seul fut élu. Il ne figurait plus sur la liste socialiste pour la première législature de la IVe République, en novembre 1946, mais il fut élu conseiller de la République le 8 décembre suivant. Rassemblant sur son nom 138 suffrages sur 1 095 inscrits, il fut élu au plan interdépartermental. Il se montrait dans ses campagnes un ardent défenseur de la laïcité. Au renouvellement du 7 novembre 1948, Jean Ascencio perdit son siège de conseiller de la République, dès le premier tour, avec 112 mandats sur 1 227 exprimés. Il se consacra dès lors à sa fédération et à la municipalité d’Angers.

Marié, il eut deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10294, notice ASCENCIO Jean, Donatien par Noëlline Castagnez, Gilles Morin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 24 novembre 2008.

Par Noëlline Castagnez, Gilles Morin

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/237 ; 243 ; 246 ; 270 ; 294 ; 312. — Arch. FNSP, 3 MA 28. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1954. — Arch. OURS, correspondance Maine-et-Loire. — DPF, op. cit. tome 1 — DBMOF, t. 17 et cédérom. — Enquête de M. Poperen. — Notes d’A. Caudron. — Noëlline Castagnez, Socialistes en République. Les parlementaires SFIO de la IVe République, Presses universitaires de Rennes, 2004.

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