BRUNET Antoine, Frédéric

Par Justinien Raymond

Né le 21 octobre 1868 à Montluçon (Allier) ; mort le 23 avril 1932 à Paris ; ouvrier menuisier ; socialiste ; syndicaliste et coopérateur ; conseiller municipal de Paris ; député.

Apprenti, puis ouvrier menuisier, F. Brunet vint travailler à Paris et fut bientôt directeur d’une association ouvrière de production et, en 1889, administrateur de la Bourse du Travail. Il coopéra pendant ces années à la fondation de plusieurs syndicats dont l’Atelier syndical de la menuiserie. Plus tard, il s’installa comme entrepreneur en menuiserie. En 1891, à Saint-Fargeau, XXe arr., sous la présidence de Floquet, il exposa le programme économique et social des groupements ouvriers.

Son action corporative se doublait d’une activité politique : il adhéra à la Fédération des travailleurs socialistes de France qu’il ne quitta pas au cours des scissions ultérieures, participa à son congrès de Châtellerault (1890) ; avec elle il s’intégra en 1902 au PSF et, avec ce dernier, en 1905, à la SFIO. En 1906, il fut délégué au congrès de Limoges. En 1907, Paul Brousse, aux côtés duquel il militait depuis 1888, ayant été élu député, Brunet occupa son siège au conseil municipal de Paris, dans le XVIIe arr. (quartier des Épinettes), élu au scrutin de ballottage, après avoir recueilli au premier tour, 3 991 voix sur 9 026 votants. En 1908, il en rassembla 5 063 sur 13 889 inscrits et fut réélu au second tour. En 1912, il l’emporta dès le premier tour avec 6 828 voix. Il fut longtemps secrétaire du conseil général de la Seine. En décembre 1896, candidat à une élection législative partielle dans la 2e circonscription du XIXe arr. de Paris, il totalisa 765 et 1 790 voix aux deux tours de scrutin. Le 26 avril 1914, il fut élu député du XVIIe arr., 3e circonscription, au premier tour, par 5 832 voix sur 14 425 inscrits contre 2 884 à Ernest Roche, député nationaliste sortant et 2 218 à Viven, républicain.

Frédéric Brunet (loge "l’Étoile polaire") fut l’un des fondateurs en décembre 1903 de la loge maçonnique "Les Travailleurs socialistes de France". Il succéda à Paul Brousse comme vénérable de la Loge.

Pendant la guerre, il soutint constamment la politique de défense nationale, avec la majorité d’abord, puis dans la minorité du Parti socialiste. Il compta au nombre des quarante élus qui protestèrent contre l’adhésion de la SFIO à l’idée d’une conférence internationale à Stockholm et collabora à La France libre, organe de cette fraction.

En octobre 1919, il quitta le Parti socialiste SFIO pour fonder le Parti socialiste français et il ne se présenta pas au renouvellement de la Chambre des députés en novembre. Il n’appartint plus désormais au mouvement ouvrier socialiste, mais reprit bientôt sa carrière politique. Réélu aux assemblées municipale et départementale, il présida, en 1923, le conseil général de la Seine, et, en 1924, au scrutin de liste, fut élu député de la Seine et devint vice-président de la Chambre. En 1928, il retrouva son ancienne circonscription du XVIIe arr., élu au second tour par 5 280 voix contre 5 149 au candidat de droite et 2 584 au candidat communiste. Du 13 décembre 1930 au 22 janvier 1931, il fut sous-secrétaire d’État à l’Enseignement technique dans le cabinet Steeg.

Brunet, qui siégeait au conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, mourut à la veille des élections législatives de 1932.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article102853, notice BRUNET Antoine, Frédéric par Justinien Raymond, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 1er février 2019.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Brunet collabora aux journaux suivants : Le Prolétaire, Le Prolétariat, La France libre, l’Humanité, l’Action socialiste, hebdomadaire de la majorité du Parti socialiste destiné à combattre l’influence du Populaire, et qui publia 49 numéros à dater du 27 septembre 1916.
Livres ou brochures : La Dette allemande et le relèvement économique de l’Europe, Paris, 1922, in-8°, 11 p. (Bibl. Nat. 8° G Pièce 2 714). — Les Propos de Monsieur Matonnat 1923, in-16, 80 p. (Bibl. Nat. 8° R 31 979). — Le Socialisme expérimental. Étude sociale, Paris, in-16, 255 p. (Bibl. Nat. 8° R 34 135, sixième édition).

SOURCES : Arch. Ass. Nat. dossier biographique. — Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., p. 394 et Les Fédérations socialistes III, passim. — L’Humanité, 27 avril et 4 mai 1914. — J. Gaumont, Histoire de la Coopération, op. cit., t. II. — Le Conseil municipal. Nos édiles (1921), op. cit. — H. Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, 1967, t. I. — Renseignements recueillis auprès de M. Rougeron, sénateur de l’Allier.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., p. 394.

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