BRIOLLET Adrien, Jules

Par Hélène Rannou

Né le 9 janvier 1880 à Vitry-le-François (Marne), mort en octobre 1943 à Paris semble-t-il ; militant anarchiste ; directeur régional d’assurances au Havre avant 1914 ; partisan de l’action directe ; inscrit au carnet B de la Seine-Inférieure ; appartenait au groupe libertaire du Havre et côtoyait les milieux individualistes ; secrétaire de l’Union des Syndicats du Havre et de la Région en 1909 ; se rendit à Paris en juillet 1914.

Adrien Briollet
Adrien Briollet

Fils de Jules, César Briollet, sculpteur, et de Jeanne Pestra, sans profession, Adrien Briollet fut un militant anarchiste qui exerça le métier de directeur régional d’assurance au Havre. Il était partisan de l’action directe en cas de mobilisation et était inscrit au Carnet B de la Seine-Inférieure. Adrien Briollet lisait tous les journaux anarchistes de son époque tels : Le Libertaire, L’Anarchie… et, bien que syndicaliste libertaire, il côtoyait aussi les milieux individualistes. En août 1908, Briollet était le correspondant en titre des Causeries populaires de la Fédération anarchiste de Seine et Seine-et-Oise. Il appartenait au groupe libertaire du Havre. Adrien Briollet fut élu secrétaire de l’Union des Syndicats du Havre et de la Région lors du congrès régional du 21 novembre 1909, et rédigea de nombreux articles dans Vérités. Il participa à la création de l’imprimerie de l’Union au Havre et fut élu secrétaire du conseil d’administration de la coopérative alimentaire fondée également par l’Union, en avril 1910. Avec Camille Geeroms et Paul Meunier, il fut au premier rang de la défense de l’infortuné Jules Durand. Aussi, Briollet tenait les permanences pour le groupe communiste-anarchiste du Havre à la Maison du Peuple en 1911. De même, il écrivit, en collaboration avec le socialiste Genet, une pièce de théâtre sur l’Affaire Durand. Adrien Briollet participa activement à la propagande antimilitariste contre la loi des trois ans en mai 1913 en distribuant les brochures de la Fédération Communiste Anarchiste « Contre les armements, contre la loi de 3 ans, contre tout militarisme ». D’ailleurs, ayant peur d’être arrêté comme antimilitariste notoire, il quitta Le Havre en juillet 1914 pour Paris, où la police eut des difficultés à le localiser.

Avec sa collaboration au Bonnet rouge, il s’ouvrit une carrière de journaliste qu’il poursuivit dans de nombreux journaux de province et de Paris : Le Combat Social, Le Peuple, Le Matin et L’Œuvre. Ce fut un informateur social. Pendant 23 ans, il se donna corps et âme à sa profession. Il était surnommé par ses pairs : « Dino ».

Il fut toujours un défenseur de la Paix. Son soutien à la politique munichoise lui fut reproché.

Un des fondateurs du syndicat national des journalistes, dont il tenait la bibliothèque et les archives, secrétaire général du syndicat des journalistes du mouvement social et président de la caisse mutuelle de ce syndicat, il était vice-président de la commission de la carte d’identité professionnelle.

Marié le 14 avril 1903 au Havre avec Alice Berthe Laplanche puis le 19 novembre 1930 à Paris (XVIIe arr.), mort à soixante ans, en octobre 1943, ses obsèques eurent lieu au Père Lachaise où il fut incinéré.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article102522, notice BRIOLLET Adrien, Jules par Hélène Rannou, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 26 mars 2011.

Par Hélène Rannou

Adrien Briollet
Adrien Briollet

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime, 2Z 48. — Arch. Municipales du Havre, 4MI769 Vérités du 1er décembre 1909, Vérités du 10 avril 1910. — Groupe libertaire Jules-Durand, 120 ans d’Anarchisme au Havre, de la pierre humide à Internet, Le Havre, Éditions du libertaire, 2000. — Dossiers biographiques Boutillier du Retail. — État civil.

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