ARMIER Marcel, Lucien

Par Jacques Girault

Né le 21 juillet 1896 à Montfort (Var), mort le 20 avril 1947 à Montfort ; cultivateur ; adjoint au maire socialiste SFIO de Montfort (1935-1941).

Fils unique d’un propriétaire exploitant, lui-même fils d’un cultivateur bonapartiste (phénomène rare dans le Var rural où la tradition démocratique était forte), Armier reçut les sacrements catholiques et obtint le Certificat d’études en 1908. Son père, « blanc », faisait partie de la coopérative « blanche », « La Vigneronne ». Armier, propriétaire cultivateur, y resta, en fut administrateur et président à diverses reprises. Il fit son service militaire à Nîmes dans l’artillerie et connut le front à Verdun. À la fin de la guerre, il fut envoyé en Extrême-Orient dans les troupes d’intervention contre la révolution bolchevique. Il traversa toute la Sibérie jusqu’aux abords de Moscou. Rapatrié par les États-Unis, il resta un mois à New York paralysé par la grève des dockers. Rentré en France pour le 11 novembre 1919, il garda une profonde sympathie pour le peuple russe et une renommée - fausse - de « mutin » et de « communiste ». Profondément marqué, militant pacifiste, il fut en septembre 1935 élu vice-président de la section locale des Anciens combattants du front. Cousin éloigné de l’ancien député socialiste Vigne*, tout en gardant de bonnes relations avec lui, il s’opposait à son évolution et lui reprochait d’avoir « trahi » le Parti socialiste.
Armier épousa l’institutrice du village, à Toulon, en février 1922. Son épouse se syndiqua dès que l’organisation syndicale varoise se constitua au milieu des années 1920. Il fut un des quatre membres de la section socialiste SFIO du village qui venait de se reconstituer à figurer sur la liste « d’union d’action républicaine et socialiste et d’intérêts locaux » élus en 1935. Le 5 mai, il obtenait personnellement 118 voix sur 230 inscrits et devenait premier adjoint de la municipalité Ricord*. Il contribua à certaines innovations qui facilitèrent le travail des agriculteurs du village (installation de postes d’eau pour les sulfatages, propreté des rues, recherche d’eau potable, etc.).
Vice-président de la section de la Ligue des Droits de l’Homme à sa naissance en juillet 1935, Armier en tant que responsable ancien-combattant, en août 1935, demanda que des dispositions soient prises « pour que les officiers français restent fidèles à la République ».
Mobilisé une semaine à Fréjus en septembre 1939, Armier, malade, réintégra son domicile. Comme les autres anciens combattants de la commune, il adhéra à la Légion. Il en démissionna dès la première réunion. Sa démission ne fut pas acceptée ; il en fut radié pour « propos tendant à déformer le principe légionnaire et indiscipline ». Ses rapports avec Ricord se détériorèrent. Il adressa sa démission d’adjoint dans l’été 1940. Le Préfet ne l’accepta pas et il resta en place jusqu’à la dissolution du conseil au début de 1941. Malade, il eut de rares contacts avec la Résistance qu’il approuva. Son fils, polytechnicien, participa localement à celle-ci.
Armier fut nommé par le préfet dans la délégation spéciale, le 26 octobre 1944 en remplacement de celle qui s’était installée d’office en septembre 1944. Toujours membre de la SFIO, il fut élu conseiller municipal en avril 1945. À partir de 1946, il cessa toute activité. Ses obsèques furent civiles.
Son épouse, directrice d’école à Sanary (Var) jusqu’en 1955, fut membre quelque temps du conseil d’administration de la coopérative vinicole réunifiée qu’il avait tant souhaitée. Elle était membre du Syndicat national des instituteurs comme retraitée en 1981. Ils eurent deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10223, notice ARMIER Marcel, Lucien par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2008.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7 35 3, 4 M 59 2. — Presse locale. — Renseignements fournis par la mairie de Montfort et par l’épouse de l’intéressé. — Sources orales.

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