BOURTHOUMIEU Raymond

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 13 juin 1865 ; mort en octobre 1933 ; administrateur du Mont de Piété de Toulouse ; secrétaire de la Fédération socialiste de Haute-Garonne en 1918-1920 puis militant communiste.

Militant guesdiste, Bourthoumieu participa à la création de la Fédération socialiste de Haute-Garonne en 1905. Il était membre de la CGT mais se consacra surtout à l’activité politique. Entré au conseil municipal de Toulouse en 1906, battu en 1909, il retrouva son siège aux élections de 1912 mais fut écarté avec toute la liste socialiste le 30 novembre 1919.

Partisan de la reprise des relations internationales pendant la Première Guerre mondiale, Bourthoumieu défendit avec Craste les thèses minoritaires dès novembre 1915. Il rallia à ses idées la section socialiste de Toulouse au début de l’année 1916 et, en avril, la minorité recueillait 41 % des mandats de la Fédération. Bourthoumieu soutint les conférences de Zimmerwald et de Kienthal. Le congrès du 21 septembre 1918 l’élut secrétaire fédéral en remplacement du majoritaire Vigneau. Il participa aux congrès nationaux d’octobre 1918, d’avril 1919 et de février 1920.

Bourthoumieu fit campagne pour l’adhésion à la IIIe Internationale mais la publication des vingt et une condition, en août 1920, permit aux « résistants » de reprendre le contrôle de la Fédération. Il perdit le secrétariat fédéral au congrès de Montréjeau en novembre 1920.

Après le congrès de Tours (décembre 1920), il participa à la création de la Fédération communiste de Haute-Garonne et fut membre de sa commission exécutive en 1921-1922. Conformément aux directives du PC, il démissionna publiquement de la Ligue des droits de l’Homme en janvier 1923. Bourthoumieu s’éloigna ensuite de la vie politique. À l’occasion de son décès en octobre 1933, l’hebdomadaire communiste La Voix des travailleurs retraça la fin de ses activités militantes : « il participa au travail du Parti communiste pendant quelques années seulement, puis, soit fatigue, soit découragement, il cessa peu à peu toute activité et perdit même le lien avec le Parti. Les dernières discussions qu’il eut avec quelques camarades, inclinent à penser qu’il ne s’était pas assimilé toutes les formes de lutte de l’Internationale communiste ». Le Parti communiste regretta de ne pas avoir été invité à ses obsèques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article101917, notice BOURTHOUMIEU Raymond par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13602. — Le Midi socialiste, 1919. — L’Ordre nouveau, 1921. — L’Ordre communiste, 1922-1923. — La Voix des Travailleurs, 14 octobre 1933. — Ph. Pigenet, Les origines du Parti communiste dans la Haute-Garonne, Mémoire de Maîtrise., Toulouse, 1972.

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