BOURGEOIS Louis, Fulgence

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 9 juillet 1885 à Châteaudun (Eure-et-Loir) ; administrateur de coopérative puis publiciste ; militant socialiste, communiste, puis à nouveau socialiste, de l’Eure-et-Loir.

Issu d’une famille de petits propriétaires cultivateurs, L.-F. Bourgeois participa à la vie politique dès l’âge de vingt ans, en fondant, à Châteaudun, la Jeunesse républicaine socialiste. Il créa ensuite une société de la Libre pensée et une section de la Ligue des droits de l’Homme. Sur son initiative naquit le groupe socialiste dont il assura le secrétariat pendant de nombreuses années. Avec l’appui de Ch.-E. Duval*, il forma de nombreux groupes socialistes dans l’arrondissement de Châteaudun. Il représenta sa Fédération au congrès national d’Amiens (25-28 janvier 1914). Bourgeois était administrateur de la coopérative de Châteaudun.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale au 302e régiment d’infanterie puis au 311e, il fut grièvement blessé dans la Somme et perdit un œil. Bourgeois, de retour à Châteaudun, reprit le secrétariat du groupe socialiste, fonda une section ARAC puis devint secrétaire départemental de cette organisation d’anciens combattants. La Fédération socialiste le présenta aux élections législatives du 16 novembre 1919. Sa profession de foi lui attribuait le métier de publiciste. Il siégeait à la commission administrative fédérale.

Au cours du débat qui précéda le congrès de Tours (décembre 1920) et la création du Parti communiste, Bourgeois se prononça pour la IIIe Internationale mais avec bien des réticences : « Je ne suis pas de ceux qui considèrent la Révolution russe comme une œuvre absolument parfaite et ce n’est pas moi qui m’inclinerais devant Lénine et Trotsky comme devant un icône. Je ne suis pas également de ceux qui acceptent les conditions d’admission à la IIIe Internationale comme un nouveau dogme romain [...] Mais je demande à ceux qui repoussent les conditions ; lorsque vous avez une maison, dont l’intérieur n’est pas à votre goût, que faites-vous ? Restez-vous dehors en vous contentant de jeter des pierres dans les vitres » (Le Travailleur d’Eure-et-Loir et de l’Eure, 27 novembre 1920).

Il n’est donc pas surprenant de le découvrir, en 1922, parmi les signataires de la déclaration de tendance Renoult-Dondicol (Bulletin communiste, 9 novembre 1922). Bourgeois siégeait au comité fédéral communiste en 1922, tout en continuant à assurer le secrétariat du groupe de la Libre Pensée de Châteaudun « L’Action laïque ».

Bourgeois rejoignit la SFIO vers 1923. En 1924, il collaborait au journal socialiste Le Populaire d’Eure-et-Loir et de l’Eure. L’ancien militant communiste s’imposa rapidement comme un des dirigeants de la Fédération. Les socialistes le déléguèrent au congrès national extraordinaire des 10-11 janvier 1926 (Paris, salle Bellevilloise), lui confièrent le secrétariat du groupe de Châteaudun et celui de la Fédération en 1926-1927. Sous sa direction, le nombre des cartes passa de cent quinze en 1926 à cent soixante en 1927 et à quatre cent quatorze en 1928.

L’influence du socialisme dans l’Eure-et-Loir restait faible. Aux élections législatives d’avril 1928, Bourgeois ne recueillit que quatre cent quarante-cinq voix (2,3 % des inscrits) dans la circonscription de Châteaudun. Il resta secrétaire de la section locale jusqu’en 1934 au moins.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article101781, notice BOURGEOIS Louis, Fulgence par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Le Travailleur d’Eure-et-Loir, 1919-1922. — Le Populaire d’Eure-et-Loir et de l’Eure, 1924-1934. — Compte rendu des congrès socialistes nationaux.

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