BOCHÉ Mathurin, Marie

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 25 novembre 1889 à La Houssaye, commune de Pontivy (Morbihan), mort le 20 (ou 24) mai 1939 à Saint-Denis (Seine) ; ouvrier d’usine, jardinier, journalier dans l’industrie céramique, représentant de commerce ; syndicaliste CGTU ; maire adjoint communiste de Saint-Denis (1925-1932) puis conseiller municipal jusqu’en 1939.

Originaire de Pontivy, Mathurin Boché arriva avec ses parents à Saint-Denis (Seine) en 1895. Vers 1902, la mort de son père fit de lui le soutien de la famille. Il travailla comme colporteur puis comme ouvrier à la Société pétrolière de Saint-Ouen et chez Fenaille-et-Despeaux à Aubervilliers. Mobilisé dans l’infanterie pendant la Première Guerre mondiale, il fut blessé à Verdun. Il épousa Louisa Lacquemannes à Saint-Denis le 11 septembre 1920.

Mathurin Boché reprit sa place à la Maison Fenaille-et-Despeaux mais ses activités syndicales provoquèrent son renvoi. Il exerça ensuite diverses professions : on le disait parfois « jardinier » (1925) ou « ouvrier métallurgiste » (L’Émancipation, 1929) mais cette dernière activité lui était peut-être attribuée par erreur, car, plusieurs sources indiquent sa présence dans l’industrie de la céramique dès 1926. Il fut élu conseiller prud’homme de la Seine le 7 octobre 1926 (section des produits chimiques) en déclarant comme profession journalier, et le resta jusqu’en 1932. Un moment secrétaire à la propagande du syndicat général ouvrier de la céramique, des industries chimiques et parties similaires de la région parisienne, il siégea à partir de 1927 à la commission exécutive de la Fédération CGTU de la céramique, des industries chimiques et parties similaires de France et des colonies. En 1934, Boché assurait la fonction d’administrateur délégué de la coopérative « La Famille ».

Militant communiste actif de Saint-Denis, Mathurin Boché entra au conseil municipal le 10 mai 1925 sur la liste Paul Laporte-Camille Villaumé. Élu premier adjoint le 4 novembre 1925, il démissionna le 3 février 1927 pour être désigné comme deuxième adjoint quinze jours plus tard. Réélu conseiller le 5 mai 1929, il fut nommé sixième adjoint. La municipalité démissionna le 15 février 1930, après la rupture de Camille Villaumé avec le Parti communiste. Boché fit partie de la liste communiste, dirigée par Jacques Doriot, qui gagna les élections du 23 mars 1930. L’assemblée municipale l’élut quatrième adjoint, mais il renonça à cette responsabilité le 13 février 1932 pour raison de santé.

Solidaire de Jacques Doriot au printemps 1934, Boché accepta de figurer sur la liste du « rayon majoritaire » élue le 5 mai 1935. Marcel Marschall, dirigeant du PPF, prononça un discours sur sa tombe en mai 1939.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article100591, notice BOCHÉ Mathurin, Marie par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 29 janvier 2013.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13119, F7/13137. — Arch. PPo. 316, janvier 1932. — Arch. Dép. Seine, DM3. — L’Émancipation, mai 1929, 5 avril 1930, 27 mai 1939. — L’Humanité, 3 novembre 1927. — Agendas de la Bourse du Travail de Paris. — Jean-Paul Brunet, Une banlieue ouvrière : Saint-Denis (1890-1939), thèse, op. cit.. — Jean-Paul Brunet, Saint-Denis la ville rouge (1890-1939), Paris, 1980, passim.

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