RASTOUL Paul, Émile, Barthélémy, Philémon

Né le Ier octobre 1835 à Thézan-lès-Béziers (Hérault) ; marié, père d’un enfant ; médecin ; élu membre de la Commune de Paris ; noyé en s’évadant de la Nouvelle-Calédonie (mars 1875).

Rastoul appartenait à une famille aisée comptant cinq enfants et on le trouve, en décembre 1855, inscrit sur les listes de la Faculté de médecine de Montpellier. Il y prit seize inscriptions en quatre ans et l’on nota que ses examens de fin d’année, d’abord médiocres, allèrent s’améliorant ; le doyen témoigna en 1871 de sa « parfaite aménité de cœur et presque timidité ».
1870 le trouva établi à Paris, sans passé politique et garde national au 9e bataillon ; il habitait, 109, boulevard de Magenta (Xe arr.) ; il organisa à ses frais, durant le Siège, une ambulance au 3e secteur, quartier de Ménilmontant, et prit part au combat du Bourget. Il administrait la mairie du Xe arr. et présidait « le fameux club des Montagnards ».
L’arrondissement l’envoya à la Commune par 10 738 voix sur 16 765 votants aux élections du 26 mars, et il siégea à la commission des Services publics (29 mars et 21 avril). Le 7 avril, il demandait qu’on édifiât des barricades sur les boulevards extérieurs et dans les rues adjacentes menant aux remparts : précaution après la sortie manquée sur Versailles ; le 20 avril, il souhaitait qu’on donnât le pouvoir à un chef unique ou un triumvirat, plus efficaces que la Commune ; il ne voulait pas du Comité de Salut public : Surtout, il avait été nommé, le 9 avril, inspecteur général des ambulances ; mais il démissionna le 26, après avoir protesté violemment contre le fait d’avoir été arrêté dans sa tâche, à une porte de Paris, par le colonel Henry : Le ministre de la Guerre, puisqu’il commande, disait-il, ne peut également inspecter ses services ; et Vermorel de protester, le lendemain, que Rastoul n’a pas fait valoir sa qualité de membre de la Commune. Il suggéra, le 20 mai, aux membres de la Commune de replier tous les gardes nationaux disponibles sur Belleville et Ménilmontant, puis de les placer sous la protection des Prussiens et de les faire transporter en Amérique.

Arrêté et traduit devant le 3e conseil de guerre, il y adopta une attitude conciliante ; il aurait désiré être simplement banni et continuer à exercer sa profession, mais il fut condamné, le 2 septembre 1871, à la déportation simple ; son pourvoi en grâce rejeté, il fut envoyé à l’île des Pins.
On l’autorisa à s’installer à Nouméa où sa femme et son fils vinrent le rejoindre par le Fénelon, le 23 octobre 1873 ; il s’était fait une bonne clientèle lorsque l’évasion de Rochefort le fit réintégrer à l’île des Pins ; puis sa femme fut expulsée. Désespéré, il s’évada en mars 1875 avec dix-neuf autres détenus et périt vraisemblablement en mer (voir Édouard Duchesne).
Sa veuve épousa Coutouly, ancien colonel de la Commune et lui aussi évadé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article69298, notice RASTOUL Paul, Émile, Barthélémy, Philémon, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 avril 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/729. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Procès-verbaux Commune, op. cit. — Patrice O. Reilly, Dictionnaire des Calédoniens, op. cit.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 228. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 136.

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