DUTRIÉVOZ Gabrielle, Antoinette

Par Maurice Moissonnier

Née le 20 décembre 1922 à Lyon (Rhône), morte en mars 2010 dans l’Hérault ; militante de l’Union des Jeunes filles de France avant la Seconde Guerre mondiale à Lyon, militante de la Résistance.

Fille d’Antoine Dutriévoz et de Dora Dutriévoz, Gabrielle fut très tôt associée à l’activité militante de ses parents. Elle chantait à la chorale de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants) et elle adhéra à l’Union des Jeunes filles de France (UJFF) où elle participa à l’aide aux réfugiés espagnols. En 1939, elle fut déléguée au congrès de l’organisation, à Lyon, et y rencontra Danielle Casanova*.
Après l’arrestation de son père, elle poursuivit des études commerciales mais, dès Noël 1941, elle contribua, avec sa mère à la préparation de l’évasion de Sampaix* et Neveu* enfermés à la prison lyonnaise de Montluc. Au printemps 1942, elle fut chargée par Georges Marrane de quelques missions pour le compte du Front National ; à l’automne, elle assura, avec le service des maquis, la liaison entre les réfractaires et, en décembre 1943, elle quitta son travail de secrétaire pour devenir, sous les pseudonymes de Marie-Claire et Éliane, secrétaire-dactylo au service des maquis du Front National, zone sud. Elle assura la frappe de documents clandestins et le tirage du Patriote. À la Libération, elle resta la secrétaire d’un de ses chefs clandestins, Jean Braun délégué des Milices patriotiques auprès du commissaire de la République.
À la fin de novembre 1944, « Gaby » Dutriévoz organisa à Villeurbanne « l’Union des Jeunes filles patriotes » et entra au bureau des JC de la ville ainsi qu’au Comité local de Libération. Du 1er mars 1945 à juillet 1949, elle travailla au quotidien régional du PC, La Voix du Peuple et y rencontra Paul Mauzé, ancien des maquis de l’Ain avec qui elle se maria le 6 septembre 1947. Elle avait, l’année précédente, reçu la médaille de la Résistance. Après la disparition de La Voix du Peuple, Gaby Mauzé-Dutriévoz et son mari se rendirent au Maroc où ils avaient de la famille. Paul Mauzé devint instituteur auxiliaire. Retournant à l’École normale, il passa avec succès son CAP puis son CAIP en 1968 et devint inspecteur départemental de l’Éducation nationale à Quimper en 1972. Gaby Dutriévoz, qui collabora en 1950 aux Nouvelles marocaines poursuivit son action militante au sein du PCF.
Son décès fut annoncé dans l’Indépendant du 28 mars 2010 et ses obsèques eurent lieu le 29 mars.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23574, notice DUTRIÉVOZ Gabrielle, Antoinette par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Informations transmises par G. Mauzé-Dutriévoz. — Réponse à un questionnaire et documents familiaux.— Bulletin départemental de l’ANACR-Hérault.— L’Indépendant.— Note de Jean-Pierre Besse.

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