THÉVENIN Evariste

Par Jean-Luc Labbé

Né à Issoudun ou à Saint-Valentin (Indre) vers 1825 ; domicilié à Issoudun au début de la Seconde République ; journaliste ; démocrate-socialiste condamné en juin 1849 à six mois de prison ; maire de Saint-Valentin (Indre) vers 1876 ; conseiller d’arrondissement et conseiller général du canton Issoudun nord.

En juin 1849, s’ouvrit le procès de la « société secrète » La Solidarité Républicaine. Evariste Thévenin, qui avait alors 24 ans et qui selon l’acte d’accusation était sans profession, fut reconnu comme l’organisateur de cette association républicaine qui comptait plus d’une centaine de membres à Issoudun. Dans l’acte d’accusation se trouvaient des lettres qu’il avait écrites au cours les mois précédents à Louis Blanc : « … Humble et profond admirateur de vos doctrines, je me permets d’élever jusqu’à vous une voix inconnue ; quelque infime que soit mon hommage j’espère que vous ne le dédaignerez pas du fond de votre exil … » L’acte d’accusation comprenait également la composition du bureau pour l’arrondissement d’Issoudun établi par le Comité central de La Solidarité Républicaine en date du 29 décembre 1848. Secrétaire et trésorier du groupe issoldunois, Evariste Thévenin fut condamné à six mois de prison et 100 Francs d’amende. En appel, le tribunal ajouta un an de privation des droits civiques. Auguste Thevenin, après avoir renoncé à son pourvoi en cassation, fut incarcéré en novembre 1849 ainsi que Jean-Baptiste Lumet. Il fut également poursuivi après le coup d’Etat de décembre 1851 et emprisonné quelques semaines à Châteauroux ; mais une intervention de George. Sand lui permit d’échapper à un jugement plus dur et il fut remis en liberté.
Il quitta Issoudun en 1854 pour Paris où il resta pendant 25 ans. Evariste Thévenin était en 1865 (au moins) journaliste à « La Mutualité, revue du travail, des sociétés coopératives et de secours mutuels ». Le 23 décembre 1874, le journal l’Ordre Républicain de Châteauroux (Indre) annonçait que le Conseil de Préfecture venait de valider son élection au conseil municipal de Saint-Valentin, village près d’Issoudun. Evariste Thévenin remercia « les électeurs qui ont eu le courage de voter pour lui, malgré les menaces qui leur ont été faites avant l’élection ». Cette commune l’élira maire suite à la loi de 1876 qui redonnait aux conseils municipaux des petites villes le droit d’élire leur premier magistrat.
Thévenin, qui était alors devenu un républicain modéré, sera élu conseiller d’arrondissement du canton-sud d’Issoudun en 1877 puis conseiller général du canton d’Issoudun-nord en juillet 1878 en remplacement d’Ernest Aumerle, le président décédé de la Société vigneronne. A l’élection cantonale suivante, les socialistes soutiendront un autre candidat, Braconnier, qui sera élu. Le nom de Thévenin ne figurait pas en 1882 sur la liste des indemnisés des victimes du coup d’Etat de décembre 1851. Un nommé Auguste Thévenin fut élu conseiller municipal de Saint-Valentin en 1919 : le fils d’Evariste ?

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article194824, notice THÉVENIN Evariste par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 26 août 2017, dernière modification le 26 août 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : B. Moreau, Marianne bâillonnée, 2002. – Arch. Dép. Indre 2 U 75 – L’Ordre républicain, 23 décembre 1874 et 13 octobre 1876.

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