VANARET Pierre, Philibert

Par François Ménétrier

Né le 24 décembre 1885 à Lyon 6e (Rhône), mort le 25 janvier 1981 à Nice (Alpes-Maritimes) ; employé communal , secrétaire général de mairie ; syndicaliste CGT du Rhône ; mutualiste.

Fils de André Vanaret, marchand de meubles, et de Marie Rosalie Blanc, sans profession, Pierre Vanaret s’était marié avec Louise Lazarus le 5 août 1911 à Épinal (Vosges) et était père d’une fille.
Entrée par concours à la mairie de Villeurbanne en tant que commis expéditionnaire le 16 juin 1913, il fut mobilisé en août 1914 et mis en congé illimité en mars 1919.
Nommé rédacteur en mai 1920, il devint en 1926 chef du 1er Bureau de la Mairie de Villeurbanne, en charge de différents services : « Pouponnière- Préventorium - Sanatorium – Œuvres privées – Bulletin municipal officiel ».
Adhérent du syndicat CGT du personnel municipal de la mairie, il fut plusieurs années secrétaire général de ce syndicat, notamment en 1922 et en 1928. En septembre 1923 à Strasbourg, Vanaret représenta le syndicat des employés communaux de Villeurbanne lors du congrès national de la Fédération CGT des Services publics.
Il fut membre – au titre de représentant du syndicat CGT du personnel - de la Commission paritaire et du personnel de la mairie de Villeurbanne, mise en place par le maire Lazare Goujon en janvier 1925.
Il participa activement à un des nombreux projets du Maire de Villeurbanne, la construction d’un Palais du travail, cette « maison commune des sociétés adhérentes comprenant, des mutuelles, des syndicats, des coopératives, des sociétés philanthropiques, artistiques, sportives et postscolaires et servant également de sièges à un certain nombre de services publics intéressant l’hygiène et le travail ». Il fut tout d’abord délégué au Comité de patronage du Palais du travail en juin 1927 - au titre de l’Union des sociétés de secours mutuel -, puis il devint Secrétaire général de l’association « Le Palais du travail » dès sa constitution en octobre 1927 et enfin secrétaire de la Fondation « Le Palais du travail » créée en 1929 - fondation dissoute en octobre 1933.
Démissionnaire de la mairie de Villeurbanne le 27 février 1929, il écrivait à Lazare Goujon : « En quittant le commune de Villeurbanne, je tiens à vous témoigner Monsieur le Maire, tous les regrets que j’éprouve à me séparer d’une Administration dont je conserve l’excellent souvenir des bons rapports qui n’ont cessé de régner entre elle et son personnel et plus particulièrement depuis que vous êtes à la tête de la commune ».
Il devint, en mars 1929, secrétaire général de la mairie de Caluire où il allait rester en poste jusqu’ au 15 août 1935. Pendant cette période, il garda des contacts avec ses collègues villeurbannais. Il assista aux obsèques de Régis-Auguste Giry* décédé le 18 mars 1934, ex-secrétaire général du syndicat du personnel CGT de Villeurbanne.
En septembre 1935, le « camarade Vanaret », selon les déclarations élogieuses du premier adjoint Edmond Chambon*, était de retour au sein du personnel communal de Villeurbanne, après sa demande de réintégration effectuée en août 1935. Il reprit ses fonctions de chef de bureau hors classe, puis, dès octobre 1935, il fut nommé directeur des services financiers de la ville.
Il participa alors à la souscription, lancée par la municipalité villeurbannaise et des organisations de toutes tendances, pour l’érection d’un buste du Dr Jules Grandclément*, ancien maire de Villeurbanne décédé le 15 mars 1935.
Sa ré-adhésion au syndicat CGT du personnel municipal fera l’objet de discussions en octobre 1935, certains adhérents évoquant le « cas Vanaret », compte tenu de sa position dans la haute hiérarchie administrative de la Mairie de Villeurbanne. Lors du congrès confédéral de la CGT en 1935, il fut mandaté par le syndicat des employés communaux du Rhône et par celui de Givors.
C’est en tant que directeur financier de la Mairie qu’il fut désigné par le conseil municipal du 8 février 1936 comme l’un des quatre délégués « particulièrement qualifiés pour leur compétence technique » à la Commission du contrôle financier de la Société Villeurbannaise d’Urbanisme (SVU), une société d’économie mixte qui a longtemps été l’objet de polémique entre les deux maires de Villeurbanne, Lazare Goujon et Camille Joly*, son successeur en mai 1935.

SOURCES : La Voix du peuple, organe officiel mensuel de la CGT, août 1922 (BNF, Gallica). — Compte rendu du congrès confédéral de la CGT de 1935.

Il fut affecté en novembre 1939, en tant que lieutenant de réserve, au Centre de rassemblement des permissionnaires du front à Lyon/Part-Dieu, puis désigné pour remplir le 1er avril 1940 les fonctions d’adjoint au commandant du centre de La Courtine et enfin démobilisé le 17 juillet 1940 à Clermont-Ferrand après un séjour à l’hôpital. Il se retira à Caluire (Rhône).
Le 20 juillet 1940, il fut détaché temporairement à la Direction du service de ravitaillement de la ville, puis relevé de ses fonctions le 1er janvier 1941 [comme environ une trentaine d’agents municipaux dont le secrétaire général de la Mairie Michel Dupeuble] en application de la loi du 17 juillet 1940, une décision de Victor Subit, président de la Délégation spéciale qui avait été installée par le gouvernement de Vichy le 7 octobre 1940.
Pierre Vanaret demanda alors la liquidation de sa pension à partir du 1er avril 1941 et allait occuper pendant quelques années le poste de secrétaire de Mairie à la Tour-de-Salvagny (Rhône).
C’est par courrier à en-tête de cette ville qu’il sollicita, le 8 septembre 1944, sa réintégration parmi le personnel de Villeurbanne.
Il fut officiellement réintégré dans les effectifs du personnel communal de Villeurbanne le 1er janvier 1945, par arrêté N°408 du Préfet du Rhône en date du 22 novembre 1944.
En avril 1945, le Conseil municipal de Villeurbanne renouvela sa désignation comme délégué à la Commission de contrôle financier de la Société Villeurbannaise d’Urbanisme (SVU).
Il termina sa carrière comme directeur financier de la ville de Villeurbanne en 1945.
Atteint par la limite d’âge, il fit valoir ses droits à la retraite au 1er janvier 1946. Il comptait alors trente ans et neuf mois de services, « y compris cinq années de services militaires ».
Titulaire de la Croix de guerre et chevalier de la légion d’honneur en 1937, il reçut le 9 juillet 1948 la médaille d’honneur communale d’argent.
Il fut nommé le 14 octobre 1955 secrétaire général adjoint honoraire par le maire de Villeurbanne Étienne Gagnaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181299, notice VANARET Pierre, Philibert par François Ménétrier , version mise en ligne le 31 mai 2016, dernière modification le 14 mars 2017.

Par François Ménétrier

SOURCES : Arch. Mun. Villeurbanne, 2 K 117, 640 et M 156/162/163. — Arch. Dép. Rhône, Déclaration à la Préfecture du 13 janvier 1928. — Bulletin municipal officiel de Villeurbanne, mars 1926, octobre 1927, août, septembre, novembre et décembre 1935, mars 1936, juin - juillet 1938, mai-juin 1941, août-septembre-octobre-novembre 1944, janvier-avril 1945, janvier- mars 1946, août 1948. — Brochure « Sous le ciel de Villeurbanne, naissance d’une association : Le Palais du travail », réalisée par la Section CFDT du personnel municipal de Villeurbanne, novembre 2004. - Écho des travailleurs, 1er avril 1934 et 1er octobre 1935. — Journal Officiel, 8 juillet 1937. — La Voix du peuple, organe officiel mensuel de la CGT, août 1922 (BNF, Gallica). — Compte rendu du congrès confédéral de la CGT de 1935.— Notes de Louis Botella . — État civil en ligne cote 2E1325, vue 259.

ICONOGRAPHIE : Portrait de Pierre Vanaret extrait de l’ouvrage Villeurbanne 1924-1934 ou 10 ans d’administration, 1935.

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