THORAL Ennemond, Claude, Louis

Par Jean-Michel Steiner

Né le 23 mai 1905 à Pouilly–sous-Charlieu (Loire), mort le 25 mars 1966 ; cultivateur ; membre du parti Républicain socialiste ; militant des œuvres postscolaires ; conseiller municipal puis maire de Pouilly–sous-Charlieu (1935-1940) ; conseiller général ; député SFIO de la Loire (1956-1958)

Ennemond Thoral était le fils de Louis, Charles, et de Rivaud Françoise. Son grand-père, “vieux républicain” avait déjà été maire de Pouilly-sous–Charlieu pendant trente ans.
Après l’école communale Ennemond Thoral fut inscrit au collège technique de Roanne puis à celui de Charlieu. Orphelin de père à douze ans, il quitta l’enseignement pour travailler à la ferme familiale avec son frère aîné Jean-Claude.
Engagé par son instituteur au Bureau du Sou des Écoles, militant dans les milieux laïques il se dit profondément marqué par ses rencontres avec Louis Soulié, sénateur de la Loire et maire de Saint-Étienne et avec Antoine Drivet, député puis sénateur et maire de Feurs.
Incorporé le 10 mai 1925, Ennemond Thoral fut affecté au 5° Régiment de Cuirassés et envoyé aux « Pays Rhénans » du 16 mai 1925 au 22 octobre 1926. Il devint brigadier le 10 novembre 1925.
Le 17 juillet 1937, il épousa Colette, Marie Aubret à Jarnosse (Loire).
En 1935, il succèda à André Thinet comme maire de Pouilly-sous–Charlieu. Mobilisé le 3 septembre 1939 à la 419e Compagnie du train hippomobile, maréchal des Logis le 25 mars 1940, il fut fait prisonnier à Chantrans (Doubs), le 25 juin 1940. Interné au stalag XB (n°5 115), il tenta à plusieurs reprises de s’évader. Le 24 décembre 1942, il parvint jusqu’à Belfort, mais, à nouveau capturé, il fut envoyé en camp disciplinaire et ne rentra que le 15 juin 1945.
En son absence, il avait été désigné président de la délégation municipale provisoire de Pouilly et réélu maire en avril 1945. En septembre il fut élu conseiller général du canton de Charlieu sous l’étiquette UDSR et réélu en 1949. Placé en sixième position sur la liste SFIO, aux élections à la seconde Assemblée nationale constituante, (juin 1946), il ne figura pas sur celle que présenta le parti en novembre.
Pendant dix ans, il se consacra à sa commune et au conseil général. Membre de la Commission départementale, il défendit notamment les dossiers de développement de l’adduction d’eau et de l’électrification de la région est de Roanne et obtient la construction de digues pour protéger les riverains de la Loire.
Aux élections anticipées de janvier 1956, il fut en deuxième place sur la liste d’Union des gauches (parti républicain radical et radical socialiste et SFIO) derrière le radical Michel Soulié. Dans sa profession de foi, il critiquait « la majorité cléricale et réactionnaire », accusait le MRP d’avoir trahi « le contrat républicain » et la laïcité avec la loi Marie Barangé, dénonçait la collusion de « la réaction » et des communistes, obéissant « aux contingences de la politique extérieure de l’URSS ». Il proposa des réformes salariale et fiscale, l’instauration d’une Charte agricole, l’application du programme du Comité national d’action laïque, et une politique de développement des DOM-TOM. 
Élu avec 54 916 voix (16,9 %) il fut nommé à la Commission des affaires économiques - dont il démissionneadès le 3 février 1956 -, et à celles des pensions et de l’agriculture où il siège jusqu’à la fin de la législature. Il rapporte le projet de loi de la commission de l’agriculture tendant à assurer l’approvisionnement en semences des producteurs de céréales victimes de gelées (8 novembre 1956). Lors du débat sur la création d’un fonds national de solidarité, il intervint pour défendre l’indépendance de la mutualité agricole (avril 1956).
Dans un premier temps, Ennemond Thoral se montra discipliné. Il vota en faveur de l’investiture de Guy Mollet en février 1956, et soutint sa politique en Algérie, en lui accordant les pouvoirs spéciaux (mars 1956). De même, il ratifia le traité de Rome instaurant la CEE et l’Euratom (juillet 1957). Mais la politique de « pacification » en Algérie le mit de plus en plus mal à l’aise et il rejoignit le groupe de La Tribune socialiste, lancée en janvier 1958 par les opposants de Guy Mollet.
Le 1er juin, 1958, il vota contre l’investiture au général de Gaulle et, le 2 juin refusa les pleins pouvoirs et le projet de révision constitutionnelle.
Aux premières élections législatives de la Ve République, en novembre 1958, il se représenta, sans étiquette, dans la 6e circonscription de la Loire, mais avec 10 377 voix, soit 29,9 % des suffrages exprimés, il fut battu au second tour par Georges Bidault, qui en obtint 51,9 %. Il échoua l’année suivante aux sénatoriales. En novembre 1962, il se représenta, atteignit 16 019 voix, soit 49,4 % des suffrages exprimés, mais il fut battu de 332 voix par le gaulliste Paul Rivière. Il se représenta encore aux sénatoriales partielles de 1963 et de 1965, en vain. En septembre 1965, il devint secrétaire de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS) dans la Loire.
Il était toujours maire et conseiller général lorsqu’il décéda, en cours de mandat, le 25 mars 1966, à soixante ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181083, notice THORAL Ennemond, Claude, Louis par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 24 mai 2016, dernière modification le 24 mai 2016.

Par Jean-Michel Steiner

SOURCES : Mairie de Pouilly-sous–Charlieu, État-civil. — ADL, registres de matricules 1925, 1R1838, fiche n°105. — La Tribune, 3 janvier 1956. — http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=7061 (consulté le 25 janvier 2016)