BERTHINIER Jean

Par Christophe Coupaud, François Ménétrier

Né le 18 juillet 1942 à Lyon (3e arr., Rhône), mort le 16 mars 2015 à Pierre-Bénite (Rhône) ; professeur ; syndicaliste CFDT, militant du PSU puis du Parti socialiste ; maire adjoint de Villeurbanne.

Adhérent du PSU dès sa création en avril 1960, Jean Berthinier prit une part importante à l’activité militante de la fédération du Rhône. Jeune étudiant de l’UNEF, il participa à la création de la « section étudiante » du PSU dans le Rhône en novembre 1960.Il fut le secrétaire des étudiants socialistes unifiés (ESU). Au titre de cette section, il fut élu –sur la base de la motion majoritaire- à la commission exécutive fédérale lors du 1er congrès fédéral des 4 et 5 mars 1961 à Bron.

« Les Berthinier », ses parents, sa tante –Suzanne Rata, membre du bureau de l’UD CFTC- et lui-même, furent particulièrement impliqués en ce début des années soixante dans les réseaux de soutien lyonnais au FLN. Jean Berthinier rencontra le réfractaire Jean Louis Hurst (Maurienne) – sans savoir précisément qui il était, lors d’une réunion clandestine dans une école privée du quartier lyonnais de Montchat, où de nombreux jeunes des ESU « viennent s’informer et débattre, voir comment échapper au départ pour l’Algérie ».

Après le putsch en avril 1961 des généraux en Algérie et les attentats de l’OAS – le local de la fédération du Rhône du PSU rue des Trois Pierres à Lyon fut d’ailleurs plastiqué à la mi-décembre 1961-, le PSU organisa des Groupes d’Action et Résistance, GAR, à partir de janvier 1962 afin de lutter contre les menaces et attentats de l’OAS. L’action de ces GAR se limita à des inscriptions murales, à la mise en fiche et à la surveillance d’éléments fascisants et à des rondes autour des domiciles des personnes menacées.
En mai-juin 1968, Jean Berthinier fut un militant et un responsable actif tout au long des événements politiques et sociaux.
Le 28 novembre 2014, à l’occasion de la journée d’études : « La CFDT en mai-juin 1968 à Lyon et en Rhône-Alpes » organisée par la CFDT à l’École normale supérieure de Lyon, il témoigna sur son rôle dans la commission Formation et dans le service d’ordre du PSU. Il évoquera les liens politiques, personnels, revendicatifs entre le PSU du Rhône, la CFDT du Rhône et l’AGEL (association générale des étudiants de Lyon), en particulier dans la rédaction et la diffusion du Journal du Rhône, seule publication paraissant à Lyon au cours de ces journées de mai 1968.
A l’issue du congrès de Toulouse (9-11décembre 1972), il appartenait à la direction politique nationale du PSU. A l’issue du congrès national d’Amiens (14-16 Décembre 1974), il faisait partie de la direction politique nationale du PSU, en charge des questions de « formation ».
Lors du congrès fédéral de juin 1974 à Lyon -membre du bureau fédéral- il participa aux échauffourées dans le local rue Saint-Georges (Lyon 5e) en s’opposant au courant GOP, Gauche Ouvrière et Paysanne, du PSU. Un courant majoritaire dans le Rhône et minoritaire au niveau national.
Il fut élu secrétaire fédéral en septembre 1975.

En 1985, il fit le choix de rejoindre le PS, pour « ne plus se satisfaire du témoignage, et vouloir aussi avoir prise -même limitée- sur le réel ». Il fut membre du courant Rocardien dans le milieu des années 1990. Il déposa sa candidature en novembre 1993 pour le poste de premier secrétaire de la section PS de Villeurbanne (Première section du Parti socialiste dans le Rhône) mais Jean-Paul Bret conserva son poste.

Jean Berthinier participa aux travaux de l’ADELS, association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale.

Professeur agrégé de sciences économiques et sociales, enseignant au lycée Ampère de Lyon et co-auteur de plusieurs ouvrages pour les classes de terminales publiés par les éditions Nathan. Il adhéra au SGEN-CFDT pendant de nombreuses années.

Membre d’associations de tourisme social comme « Découverte et culture » et « ARVEL » ou de défense des droits humains, il était aussi membre du Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté, MDPL, jusqu’en 1990. Il resta « parfaitement opposé à l’arme atomique ».

Particulièrement engagé dans la lutte contre l’extrême-droite, notamment au plan local où il a régulièrement porté la contradiction au représentant du FN, Pierre Vial, tant au sein du conseil municipal de Villeurbanne qu’en tant que militant et élu socialiste. Il a notamment soutenu la revue Article 31-Lyon au tournant des années 1990 et communiqué les informations de cette revue à différents élus municipaux pour attirer leur attention sur les nombreuses facettes des groupes et associations d’extrême-droite, en particulier sur Nouvelle Acropole qui disposait d’un local à Villeurbanne.

Élu en mars 1989 sur la liste de Charles Hernu, nommé en décembre 1990 adjoint à la population et à l’intégration, il continua son action lors de la mandature Chabroux * après le décès de Charles Hernu en janvier 1990. Réélu en 1995 sur la liste Chabroux, 13e adjoint délégué à la démocratie locale et à la citoyenneté, chargé des conseils de quartier et des élections, il fut encore présent en mars 1998 sur la liste Chabroux (élection municipale partielle en raison de l’invalidation pendant un an –mars 1997 à mars 1998- de Gilbert Chabroux et Raymond Terracher assurait alors l’intérim comme Maire.) 12e adjoint à la démocratie locale. Élu en 2001 sur la liste Bret, 12e adjoint à la démocratie locale et à la citoyenneté, réélu en 2008 sur la liste Bret, 11e adjoint à la démocratie locale et lutte contre les discriminations, il ne se représenta pas pour les élections municipales de 2014.

Jean Berthinier s’était marié le 3 juin 1992 à Villeurbanne (Rhône) avc Zabou Séri.

Il avait été fait chevalier de l’Ordre national du Mérite le 6 septembre 2012.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article172262, notice BERTHINIER Jean par Christophe Coupaud, François Ménétrier, version mise en ligne le 28 avril 2015, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Christophe Coupaud, François Ménétrier

SOURCES : Coupures de presse. – Bulletin municipal de Villeurbanne. – Blog de Médiapart. — Brochure « Du CEP à la Maison des Passages », Edition Révolte Mai 2008. — Site de l’ADELS. — Geneviève Massard-Guilbaud, « Enquête sur les réseaux de soutien au FLN dans la région lyonnaise :1955-1962 », Mémoire pour la maitrise d’histoire, 1982. — Gérard Lindeperg, : « La Fédération du Rhône du Parti socialiste unifié : ses origines, son histoire jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie (avril 1960-avril1962) », Mémoire de maitrise d’histoire 1976. — Écrits et correspondances de l’intéressé. Notes de F. Prigent. — État civil.

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