BAUMGARTNER Jean, Joseph

Par Bruno Poucet

Né le 30 mai 1897 à Bischviller-les-Thann (Haute-Alsace [Allemagne], aujourd’hui Haut-Rhin), mort le 9 décembre 1981 à Lyon (Rhône) ; professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire privé ; syndicaliste CFTC ; président fondateur de la Fédération française des syndicats chrétiens de l’enseignement libre CFTC en 1938, président d’honneur en 1951 ; directeur du secrétariat catholique pour les problèmes européens, après la guerre.

Jean Joseph Baumgartner, né en territoire allemand, était le fils d’Eugène Baumgartner et de Jeanne Alligny, d’une famille de tradition catholique. Jean Baumgartner s’était marié le 5 août 1927 au Mans (Sarthe) avec Raymonde Charlotte Louise Morin, née le 28 janvier 1899 à La Haye de Calleville (Eure) et décédée à Villeubarne (Rhône) le 24 octobre 1978. Ils habitaient, après la Seconde Guerre à Villeurbanne (Rhône).
Licencié ès lettres (philosophie), Jean Baumgartner enseignait la philosophie à Lyon, à l’externat de La Trinité (31 rue de Sèze).
Le 16 juin 1937, Jean Baumgartner fonda avec Joseph Vialatoux* le Syndicat de l’enseignement libre du second degré et technique de la région académique de Lyon, affilié à la CFTC. Le syndicat regroupait deux cents adhérents de l’enseignement secondaire, à égalité hommes-femmes, répartis sur les départements du Rhône et de la Loire. Celui-ci avait son siège 39 cours Morand, alors bourse du travail des syndicats chrétiens de Lyon. Dès 1939, la bourse s’installait au 12 rue Saint Polycarpe. Jean Baumgartner fut président de ce syndicat jusqu’en 1949, date à laquelle il démissionna de ses responsabilités. Dès son assemblée de fondation, le syndicat des professeurs de l’enseignement libre du second degré de Lyon, déclara « que la vertu de dévouement, non moins que la vertu de justice, est impliquée dans la dignité et l’honneur de notre profession ».
Dans ses statuts, il visait deux objectifs : défense des intérêts des professionnels, création d’institutions d’assistance professionnelle et de prévoyance.

Par ailleurs, dans la déclaration que Jean Baumgartner fit à l’issue d’un conseil syndical de septembre 1937, il rappelait que le syndicat était créé en vue d’organiser la profession, en fidélité à la doctrine sociale de l’Église, en s’appuyant sur la CFTC qui avait l’appui de l’épiscopat. Il semble que pendant le second conflit mondial, l’activité de ce syndicat ait été fort réduite : en tout cas, il fut absent de la réunion régionale d’études qui se tint à Lyon en novembre 1941. Après la guerre, son action a été l’objet d’un certain nombre de critiques de la part des d’adhérents et de responsables qui souhaitaient que le syndicat agisse plus et se montre davantage revendicatif en ce qui concerne le montant des salaires.
Cela étant, c’est grâce à l’existence de ce syndicat lyonnais et de douze autres, que le secrétaire général de la CFTC, Gaston Tessier* proposa et obtint le 8 mai 1938 la fondation de la Fédération des syndicats chrétiens de l’enseignement libre CFTC. Jean Baumgartner en était élu premier président. Le syndicat des professeurs de l’enseignement libre du second degré de Lyon fournissait, en effet, en 1938 la plupart des membres du bureau de cette fédération.
À la Libération, un rapprochement eut lieu avec le syndicat dirigé par Emmanuel Mazerolle* qui, le 30 juin 1945, succéda, d’abord à titre provisoire, puis définitif, à Jean Baumgartner, à la présidence de la Fédération des syndicats chrétiens de l’enseignement libre CFTC. À partir de cette date, le rôle de Jean Baumgartner devenait secondaire. Il souhaitait que l’on n’intervienne qu’en faveur des professeurs syndiqués, afin d’inciter à l’adhésion et se demandait si la Fédération des syndicats chrétiens de l’enseignement libre CFTC avait bien les moyens de son action pour faire appliquer les nouveaux barèmes de traitement. Il fit adopter en 1946 une motion assouplissant la position de cette organisation syndicale par rapport à l’adhésion des religieux congréganistes à la CFTC, impossible jusqu’à cette date, en principe ; il estimait qu’il fallait renoncer à l’allocation familiale scolaire réclamée par les parents d’élève et pensait qu’aucune subvention ne pourrait être obtenue de la part de l’État. Vice-président de la Fédération des syndicats chrétiens de l’enseignement libre CFTC jusqu’en 1951, Jean Baumgartner en fut élu président d’honneur à cette date : il cessait ainsi d’avoir un rôle actif au bureau fédéral et consacrait désormais l’essentiel de ses activités à la direction du Secrétariat catholique pour les problèmes européens.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15954, notice BAUMGARTNER Jean, Joseph par Bruno Poucet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Bruno Poucet

SOURCES : Arch. FEP-CFDT, 13 Y 3, 23 Y 10. — Arch. historiques de l’archevêché de Lyon, Fonds Gerlier, 11/II/142, 149, 187. — Arch. du Syndicat de l’enseignement privé de Lyon. — Arch. privées de Gabriel Marcon. — Voix CFDT, supp. Édition SEPR, 12 mai 1988, n° 186. — L’Enseignement Libre CFTC, 1945-1951. — Bruno Poucet, Entre l’Église et la République, une histoire de la Fédération de la Formation et de l’Enseignement Privés CFDT, Paris Éditions de l’Atelier, 1998, 252 p. ; Histoire et mémoire de la FEP-CFDT, Paris, Éditions de L’Harmattan, 1999, 226 p ; « Les syndicats de l’enseignement privé, éléments pour une histoire », Le mouvement social, n° 195, avril-juin 2001.

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