DANIS Christophe, Marie, Vianney [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir, François Mercier

Né le 15 février 1955 à Versailles (Yvelines), mort le 12 avril 2009 ; militant de la Fédération anarchiste ; autodidacte, employé polyvalent infographe.

Son père, François Danis, né en 1920, encore en vie en 2010, était ingénieur et de sensibilité centriste. Sa mère, Jeanne Théveniau, née en 1925, décédée en 2005, était actrice. Elle votait pour la candidate de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller.

Christophe Danis suivit une scolarité primaire à l’école du Parmelan à Annecy, puis de 1966 à 1970 au collège Saint-Michel dans la même ville. À 16 ans, il arriva à Paris où il fut inscrit de 1971 à 1972 au lycée Massillon. Il créa avec quelques autres et par dérision et sens de la fête le FLD : « Front de libération des débiles », pour lui à l’époque « la vie est magique », déclara-t-il sur Radio libertaire.

Il poursuivit ses études dans un établissement en Normandie, à Évreux, jusqu’en 1973, qu’il quitta avant de passer son bac. Par la suite et durant plusieurs années, il conjugua départs en voyage et petits boulots. À son retour, après un an de vie dans un tipi à La Rochelle, il passa un bac + 2 et suivit une formation informatique à l’AFPA, où il fut par la suite formateur pendant un an.

Enfin stabilisé, de 1989 à 2009, il fut employé polyvalent infographe Starcolor à
Paris XIe.

Avant la FA et la militance, Christophe Danis vécut en marge de la société ; il se définissait alors à la suite de Kérouac comme « un clochard céleste » influencé par le mouvement de contre-culture venu des USA dans les années 1960-1970 et la lecture de Do it de Jerry Rubin. Il était alors attiré par le voyage et un Orient idéalisé. Il partit faire « la route » en stop et en train en 1973. Il passa par Istanbul et alla jusqu’au Pakistan puis il y retourna au début de 1978 et en 1979. Il séjourna aussi durant ses périples en Afghanistan, puis en Iran.

À son retour de voyage, après avoir vécu pendant quinze ans « en dehors », il prit conscience que la « marge fait partie de la page », en d’autres termes que ceux qui font la route sont eux aussi des rouages de la société. Face à une société qu’il rejetait, il s’engagea politiquement à la Fédération anarchiste dès 1996, dans le groupe Louise-Michel. Il admira toujours beaucoup Louise Michel dont il partageait la défiance vis-à-vis du pouvoir.

Autodidacte acharné, il acquit en quelques années une profonde connaissance des auteurs et philosophes anarchistes. Il organisa tout d’abord au sein de son groupe une coordination face à la baisse des allocations chômage, puis s’intéressa rapidement aux œuvres fédérales de son organisation. Il fut mandaté comme secrétaire aux relations extérieures de la FA en 2003, fut un des principaux artisans de l’implication de la FA au Village anticapitaliste, alternatif et antiguerre, le VAAG. Puis il fut mandaté au comité de rédaction du Monde libertaire en 2005. La confection de l’hebdomadaire Le Monde libertaire fut ensuite au centre de ses préoccupations jusqu’à la fin de sa vie.

Miné par les harcèlements de ses employeurs, il mourut d’un cancer foudroyant en quelques mois en 2009. Il fut incinéré au Père-Lachaise le 20 avril.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154899, notice DANIS Christophe, Marie, Vianney [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, François Mercier, version mise en ligne le 30 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Hugues Lenoir, François Mercier

SOURCES : témoignages directs. — Emission RL Pas de quartier, 9 octobre 2007, rediffusion 21 avril 2009. — Le Monde libertaire, n° 1553, avril 2009 : Salut compagnon !

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