WINANT François, Ernest

Né le 26 août 1843 (ou 1845 ?) à Opprebais (Belgique) ; mort à Paris en mars 1905 ; sujet belge — voir Zingé F. — naturalisé français le 9 octobre 1870 ; marié, père de deux enfants ; conducteur de travaux. Blanquiste, membre des sections du Panthéon et du XIIIe arr. de l’Internationale après le 4 septembre 1870 — voir Dict., t. IV, pp. 61 et 69. Il habitait alors, 163, boulevard du Montparnasse, à Paris, VIe arr.

Winant habitait en 1867, 17, rue Saint-Jacques (Ve arr.). Délégué élu des ouvriers doreurs sur cuir à l’Exposition Universelle de Paris, en 1867, membre de la Commission ouvrière fondée à cette occasion, Winant fit partie de la commission qui, en 1875, fit paraître le deuxième volume du rapport de la délégation des ouvriers relieurs, rapport à la rédaction duquel Varlin avait largement pris part. La préface fut signée E. V. [Eugène Varlin] et V. Wynants.
Pendant la Commune, François Winant, chef d’un bataillon fédéré, fut membre de la commission municipale du Ier arr. de Paris (délégué aux subsistances). Firent avec lui partie de la commission : Joly, Napias-Piquet, Dr Pillot, Sallée, Tanguy et Toussaint.
Le 4 mai 1871, avec Darigand, Tanguy et Tecqmène, il lança un appel aux Belges résidant dans le Ier arr. pour qu’ils constituent un corps armé au service de la Commune (cf. Murailles... 1871, op. cit., p. 416).
Le 10e conseil de guerre le condamna par contumace, le 14 septembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée.
Réfugié à Metz, il fut entrepreneur de travaux publics. À partir du 15 juin 1875, il vécut dans le grand-duché du Luxembourg.
Le 5 juin 1879, Winant François fut gracié sous condition d’expulsion qui fut précisée par l’arrêté du 24 juillet suivant. Cet arrêté fut rapporté le 11 avril 1881. Winant reprit alors son action militante dans les groupes blanquistes de la capitale, particulièrement dans les XXe, XVe, IIe, XIIIe et Xe arr. Et il collabora à Ni Dieu ni Maître, novembre 1880-1881, et au Citoyen de Secondigné.
Winant fut déclaré en faillite le 20 mai 1884. En 1889, il collaborait à L’Égalité de Jules Roques qui aurait voulu remplacer Le Cri du Peuple.
Il mourut en mars 1905 et fut enterré civilement le 25 au cimetière du Kremlin-Bicêtre. Deux discours furent prononcés, l’un par un membre de l’ancien Comité révolutionnaire central, " parti " blanquiste organisé en juillet 1881 — devenu, le 1er juillet 1888, le Parti socialiste révolutionnaire qui s’unit en 1901-1902 au Parti ouvrier français de Guesde pour former le Parti socialiste de France — l’autre par Michel, militant blanquiste (cf. L’Actualité de l’Histoire, op. cit.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136042, notice WINANT François, Ernest , version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 1er décembre 2010.

ŒUVRE : La Reliure moderne, Paris, 1882, in-18, Bibl. Nat., 8° V 4941.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/863, n° 6007. — Arch. Min. Guerre, 10e conseil n° 583. — Arch. PPo., B a/1300 et listes de contumaces. — Arch. Min. Aff. étrangères Belgique 119 II. — Murailles... 1871, op. cit. pp. 167, 408, 416. — L. Descaves, Philémon... op. cit., p. 268. — Jean Maitron, " En dépouillant les archives du général Eudes ", L’Actualité de l’Histoire, n° 6, janvier 1954. — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. Recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Augros, 1868, X-320 p. — Notes de R. Skoutelsky.

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