TARDIVIER Marius, Léopold, Richard

Par Maurice Moissonnier

Né le 6 juin 1900 à La Seyne-sur-Mer (Var), mort le 2 mai 1969 à La Garde (Var) ; ouvrier à l’Arsenal puis métallurgiste ; militant syndicaliste CGT.

Fils d’un ouvrier de l’Arsenal de Toulon, Marius Tardivier, après son Certificat d’études primaires, entra en apprentissage et travailla à Toulon à la pyrotechnie et à l’Arsenal. En 1917, il aurait été emprisonné à l’occasion des grèves de la fin du printemps. Adhérant aux Jeunesses socialistes et à la CGT pendant la guerre, il rallia en 1921 les Jeunesses communistes. Au cours d’un séjour en Algérie, il fut expulsé d’Oran en raison de ses activités jugées subversives. Il vécut difficilement à Cuers (Var) à la suite d’un de ses nombreux licenciements et s’installa à Oullins (Rhône) où il avait trouvé un emploi au début des années trente. Après la réunification syndicale, il dirigea le secteur oullinois des métaux et participa avec Julien Airoldi* à une mission en Espagne républicaine. Le 30 novembre 1938, il eut, avec la police mobilisée contre la grève générale, de sérieux démêlés et il fut licencié une nouvelle fois.

Pendant l’Occupation, Marius Tardivier assura la direction du syndicat clandestin des Métaux. Il échappa de justesse à une arrestation et fut caché à l’hôpital Saint-Luc après s’être blessé lors de sa fuite. Il participa à la tentative insurrectionnelle d’Oullins au moment de la Libération et assura les fonctions de maire provisoire, siégeant au comité local de Libération.

Après la Seconde Guerre mondiale, Marius Tardivier anima le secrétariat du syndicat des Métaux CGT de Villeurbanne en tant que permanent. En plein accord avec l’orientation générale du syndicalisme lyonnais, il fait de l’unité, au sens large du mot, la condition sine qua non de la réussite de la « bataille de la production » : lors de la réunion du CG de l’UD de juillet 1945, il se place ainsi en faveur de l’adhésion collective de la CGT au MURF. L’année suivante, à l’occasion du congrès de l’UD-CGT des 16 et 17 février 1946, il attire l’attention des congressistes sur la question de l’épuration, « jusqu’à ce jour sabotée », et condamne fermement les prises de position, de la minorité syndicale.
Avec H. Denis et Jean Cagne*, Marius Tardivier fut l’un des organisateurs des manifestations du 21 mai 1947 qui aboutirent, après l’invasion de la préfecture et de la Chambre patronale de la Métallurgie, au maintien de la ration de pain dont on avait annoncé la réduction et au règlement des conflits en cours à Lyon. Jusqu’en 1951, il n’était pas inscrit sur les listes électorales de Villeurbanne.
_ Le 2 mai 1952, Marius Tardivier se remaria avec Lucie Colas, professeur de lettres et ancienne résistante. Il devint alors directeur de la Librairie Nouvelle, librairie du PC située successivement rue de la Charité, puis rue du Plat à Lyon. Il prit sa retraite à La Garde (Var) où il mourut.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131999, notice TARDIVIER Marius, Léopold, Richard par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 283 W 73 ; note n° 2540 du 18 février 1946. — Arch.mun. Villeurbanne . — La Voix du peuple. — Rapport au congrès de l’UD-CGT du Rhône (5-6 juin 1948). — Audrey Le Goupil, L’Union départementale CGT du Rhône et l’action revendicatrice (septembre 1944-décembre 1947), Mémoire de Maîtrise d’Histoire contemporaine, Lyon II, 1998. — Rens. communiqués par Lucie Tardivier.

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