SAVOIE Auguste, Adolphe

Par Jean Maitron

Né le 17 novembre 1876 à Paris (XVIIIe arr.), mort en novembre 1949 ; ouvrier boulanger parisien ; secrétaire de la Fédération de l’Alimentation ; secrétaire de l’Union des syndicats de la Seine (1908-1913).

Auguste Savoie
Auguste Savoie
La CGT, 1925, p. 313.

Auguste Savoie joua un rôle important dans la grève des ouvriers boulangers de 1906. En décembre 1908, il succéda à Alexandre Aulagnier* comme secrétaire de l’union des syndicats de la Seine et assista Jean-Louis Thuillier*, secrétaire général. Il fut réélu en janvier 1911 et en janvier 1912. L’année suivante, il fut remplacé par Jules Bled*. En 1914, il appartenait cependant encore à la commission exécutive de l’union — voir Charles Gaubiez*.

Auguste Savoie joua également un rôle dirigeant à la Fédération de l’Alimentation constituée en 1902. Au congrès de Bordeaux, 28 septembre-2 octobre 1908, il fut élu trésorier fédéral. « De belle corpulence, imposant, de figure rose et les joues rebondies [...] avec son thorax puissant et ses épaules larges », Auguste Savoie, « affairé et bon enfant », était alors considéré comme « l’arbitre habituel et le conciliateur » (cf. M. Leclercq et E. Girod de Fléaux, op. cit. p. 186-188). Il assista à tous les congrès nationaux corporatifs jusqu’à la guerre : Marseille, octobre 1908 ; Toulouse, octobre 1910 ; Le Havre, septembre 1912. À ce dernier congrès, une des principales questions en discussion fut celle des rapports Parti socialiste SFIO-CGT. Une quasi-unanimité réaffirma la volonté d’autonomie et d’indépendance de la confédération. Dans La Bataille syndicaliste des 20 et 22 août, puis du 1er septembre, cette position avait été définie par cinq leaders cégétistes : Léon Jouhaux*, Victor Griffuelhes*, Jules Bled, Auguste Savoie et Charles Voirin*, répondant aux critiques formulées par certains membres du Parti socialiste lors du congrès SFIO de février 1912 et aux attaques des hervéistes de La Guerre sociale. Le premier article publié était intitulé « Notre position » et avait allure de manifeste ; il fut parfois appelé « l’Encyclique ». Il fut élu en 1914 secrétaire de la Fédération nationale des travailleurs de l’Alimentation

Durant la Première Guerre mondiale et dans l’entre-deux guerres, Auguste Savoie joua un rôle important. En décembre 1917, il participa à la conférence de la CGT de Clermont-Ferrand.

Après la guerre, qu’il fit comme affecté spécial à Billancourt, il fut réélu en 1918 au secrétariat de la Fédération de l’Alimentation, puis à nouveau en septembre 1919 après avoir été un moment suspendu sur l’accusation de malversation. En décembre 1918, il était entré à la commission administrative de la CGT. Auguste Savoie était alors un propagandiste très actif du syndicalisme réformiste, fidèle à la majorité, faisant des réunions régulières de propagande en France, et il avait représenté la CGT en mars 1919 à la conférence syndicale internationale tenue en Suisse, à Berne. Il fut délégué à de nombreux congrès nationaux de la CGT (Lille, 1921 ; Paris, 1927, 1929, 1931 et 1933) ainsi qu’aux congrès de sa fédération. Il était membre du Conseil national économique depuis 1925, fonction qu’il occupa jusqu’en 1940.

Au début des années trente, il occupait depuis plus d’une décennie les mêmes fonctions, collaborant régulièrement au quotidien confédéral, Le Peuple. Délégué de la CGT au conseil supérieur de l’enseignement technique, Auguste Savoie fut le rapporteur de la commission sur la législation sociale au XXIe congrès confédéral (Paris, 1931).

Secrétaire, avec Hilarion Didaret* (voir René Didaret*), de la Fédération de l’Alimentation au moment de l’unité, il devint en 1936 secrétaire général de la Fédération réunifiée et fut renouvelé dans ses fonctions en septembre 1937 jusqu’en novembre 1938. Il collaborait alors à Syndicats, le journal où se retrouvaient les anciens confédérés hostiles à la montée de l’influence communiste dans la nouvelle CGT 1925-1940.

Pendant l’Occupation, Auguste Savoie fut vice-président de la Société générale du travail qui géra de 1940 à 1944 l’immeuble de la rue Lafayette. Il fut également vice-président du Comité d’organisation professionnelle qui prépara le texte de la Charte du travail et membre du Conseil national de Vichy en 1941, siégeant à la commission d’étude de la constitution, du 8 au 19 juillet 1941, du 14 au 22 octobre 1941. Il adhéra au Comité d’information ouvrière et sociale créé en 1942. Pour toutes ces raisons, il fut exclu à vie des organisations syndicales le 18 octobre 1944.

Auguste Savoie était marié. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article130652, notice SAVOIE Auguste, Adolphe par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 25 juin 2011.

Par Jean Maitron

Auguste Savoie
Auguste Savoie
La CGT, 1925, p. 313.

ŒUVRE (Cotes de la Bibl. Nat.) : Le Travail de nuit dans la boulangerie, Paris (1912), in-16, 32 p., 8° R Pièce 13 037. — Meunerie, boulangerie, pâtisserie, Paris, 1922, in-16, 395 p. 8° V 44 721. — Préface au Pourboire..., de Didaret R.-H., Paris, 1922, 16° R 5 842.

SOURCES : Comptes rendus des congrès. — La CGT et le mouvement syndical en France, Paris, CGT, 1925, p. 579. — M. Leclercq et E. Girod de Fléaux, Ces Messieurs de la CGT, Paris, 1908. — R. Brécy, Le Mouvement syndical en France, 1871-1921. Essai bibliographique, Paris, La Haye, Mouton, 1963. — Arch. PPo. Ba/1686. — Claudine Masse, La CGT à travers son quotidien : "Le Peuple", 1934-1936., Univ. Paris 1, 1973, 119 p. — D. Stephany, Le personnel CGT de 1936 à 1939, Univ. Paris 1, 1973, 2 vol. 233 p. — M.-F. Rogliano, « L’anticommunisme dans la CGT : Syndicats », Le Mouvement social, n° 87. — L’Atelier, 1er novembre 1941. — Compte rendu des travaux de la commission de reconstitution des organisations syndicales, Versailles, 1946. — Caroline Andréani, Du bon côté de la barrière, essai d’histoire de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, Le Temps des cerises, 2002.

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