MATAGRIN Robert, Frantz, Philibert, Delphin

Par Maurice Moissonnier

Né le 21 novembre 1909 à Lyon (IIIe arr.) ; mort le 10 janvier 1989 à Charbonnières-les-Bains (Rhône) ; instituteur dans le Rhône ; militant syndicaliste ; militant communiste.

Son père, né en 1880, professeur à Lyon entre 1900 et 1914, réformé pour surdité, fut sous-bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Lyon entre 1914 et 1920 avant de devenir publiciste. Sa mère, Anna Wissmann, née à Zurich en 1875, sans profession en 1909, devint également professeur à Lyon. Ses parents se séparèrent. Robert Matagrin fut élevé très libéralement et ne reçut aucun sacrement religieux. Scolarisé dans les écoles primaires supérieures des rues Chaponnay puis des Minimes à Lyon, il fut élève de l’École normale d’instituteurs de Lyon entre 1926 et 1929. Il suivit la préparation militaire et refusa de passer l’examen.
De 1929 à 1932, il occupa un poste d’instituteur à Givors (Rhône) et de 1932 à 1939, à Villeurbanne (Rhône), avec une interruption en 1930-1931 pour accomplir le service militaire. Il se maria le 5 juin 1930 à Lyon avec une institutrice, Philomène Bailly. Le couple eut une fille. Veuf en 1934, il se remaria le 1er août 1936 à Villeurbanne avec une institutrice, Renée Soleilhavoup. Le couple eut deux enfants.

De 1927 à 1935, Matagrin, militant au syndicat unitaire de l’Enseignement laïc du Rhône, fut membre du conseil syndical puis du bureau de 1927 à 1934 enfin secrétaire général en 1934-1935. Il fut membre des groupes de jeunes. A la fusion de 1935, il fut élu au conseil syndical et, au début, au bureau. Il resta membre du conseil de la section départementale du Syndicat national des instituteurs du Rhône jusqu’en 1939. De 1927 à 1928, en outre, il assuma la responsabilité du groupe des normaliens adhérents de l’Union générale des étudiants de l’enseignement. Il milita au comité local du mouvement Amsterdam-Pleyel et dirigea, en 1936, le groupe théâtral Henri Barbusse avec Jean Giraud et Pierre Hentgès*. Il écrivit alors une pièce en un acte : Satory, interprétée au théâtre de Villeurbanne en juin 1938. Gréviste le 12 février 1934, le 30 novembre 1938, il fut l’un des rares instituteurs du Rhône à approuver la grève lancée par la CGT, car la majorité de la direction du SNI du Rhône qui subissait l’influence de Léon Émery* avait rapporté ce mot d’ordre. A son poste le 30, il subit une sanction financière de huit jours de retenue de salaire pour avoir soutenu la grève. Il fut d’accord avec le pacifisme du SNI jusqu’aux accords de Munich qu’il désapprouva. Il participa au soutien aux républicains espagnols et se montra partisan de l’intervention en Espagne.

Mobilisé dans un régiment d’infanterie comme infirmier, au lendemain de la défaite de 1940, à son retour de l’armée, le gouvernement de Vichy le déplaça d’office à Sain-Bel (Rhône). De 1942 à 1945, il revint à Villeurbanne. Membre du Front national universitaire depuis sa fondation en 1943, il collabora et diffusa la presse clandestine (L’Ecole de Bara) et fit partie d’un groupe clandestin de cinq instituteurs soucieux de reconstituer le syndicalisme.

A la Libération, Matagrin contribua à la fondation de l’œuvre des villages d’enfants, dont le premier président fut Yves Farge*. Il participa à la reconstitution de la section départementale du SNI et à la création de la section de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale du Rhône dont il fut, de 1947 à 1977, secrétaire puis vice-président.

En 1945, il occupa un poste à l’école de la rue Robert (Lyon, VIe arr.) et en devint le directeur de 1958 à 1965. 

Membre de la commission administrative de la FEN-CGT en 1948, il intervint lors des congrès de 1949 et 1951. Il participa activement aux journées d’études des instituteurs communistes en 1956.
Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI — tendance Unité et Action — il en assura le secrétariat général entre 1963 et 1965. 


 Elu au conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951, il démissionna collectivement pour protester contre la politique répressive du gouvernement et sa politique antilaïque à la fin de 1953. Il fut réélu en janvier 1954 avec beaucoup plus de voix qu’en 1951. Candidat au bureau national du SNI, en 14eme position sur la liste « Pour renforcer l’unité et l’efficacité du SNI. Liste d’action laïque et de défense de l’Education nationale », conduite par Georges Fournial*, il ne fut pas élu le 26 décembre 1955. Il le fut à nouveau le 23 décembre 1957 sur la liste « Pour l’unité, la démocratie et l’efficacité du SNI », il arriva en 17eme position de la liste. Il fut encore candidat en décembre 1959 en 19eme position sur une liste analogue.

Matagrin, sympathisant et électeur communiste depuis 1932, adhéra au Parti communiste français en janvier 1948. De 1952 à 1962, il fut membre du comité fédéral du PCF, de 1952 à 1971, membre du comité de section de Villeurbanne-Centre et de 1958 à 1974, secrétaire de la cellule locale du cours Tolstoï (Villeurbanne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article120977, notice MATAGRIN Robert, Frantz, Philibert, Delphin par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : La Voix du peuple, 1934-1939. — Réponse à un questionnaire biographique. — Renseignements fournis à Jacques Girault en 1976. — Presse syndicale. — Notes de Pierre Roche.

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