DOULAT Alfred [DOULAT Marius, Alfred]

Par Pierre Broué

Né le 7 février 1897 à Sables par Bourg-d’Oisans (Isère) ; mort le 12 juillet 1946 à Villeurbanne (Rhône) ; forgeron, ajusteur-outilleur, puis cafetier-restaurateur ; militant du Parti communiste.

Fils d’un artisan rural, Alfred Doulat fréquenta l’école jusqu’à l’âge de treize ans, puis travailla dans l’atelier de son père pendant trois ans. En 1913, il entra comme apprenti mécanicien à l’usine Keller et Leleux de Livet-et-Gavet (Isère). Engagé volontaire en 1916, blessé en juillet 1918, il termina la guerre avec deux citations, la médaille militaire, la Croix de guerre et des sentiments révolutionnaires ardents.

Doulat revint à Livet-et-Gavet, adhéra aux Jeunesses socialistes, puis au Parti socialiste, et se lia avec l’ingénieur Ernstein, dit Strago, que le préfet prenait pour un « agent de Trotski » et qui était en réalité lié aux dirigeants nationaux de la JS. Il entra ensuite à la compagnie VFD comme ouvrier forgeron, fut l’un des dirigeants de la grève des cheminots de 1920, et fut licencié. Il trouva alors du travail aux Forges de Vizille. Partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale, il fut des tout premiers militants du jeune Parti communiste dans cette région, secrétaire du groupe communiste et de la section de l’ARAC de Vizille en 1921. Après cinq années aux Forges de Vizille, il vint à Grenoble, travailler comme ajusteur-outilleur chez Merlin-Gérin. Il était à cette époque membre du comité régional du Parti communiste.

C’est vers 1927-1928 qu’il quitta Grenoble pour Lyon où il travailla dans diverses entreprises, toujours comme ajusteur-outilleur, avant de s’installer, en septembre 1930, comme cafetier-restaurateur à Villeurbanne (Rhône). Il continua de militer dans les rangs du Parti communiste jusqu’à sa dissolution, quoique des séquelles de ses blessures de guerre aient considérablement limité ses possibilités d’action.

Il fut arrêté à Villeurbanne le 17 novembre 1940 et interné à Fort-Barraux. Il en fut libéré le 7 mai 1941 en considération de ses états de service militaire, et d’un état de santé alarmant, puisqu’il était déjà atteint d’un début de paralysie. Son état ne devait jamais cesser de s’aggraver ultérieurement.

Propriétaire du restaurant 48 cours Emile Zola à Villeurbanne à partir du 6 octobre 1930.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article110595, notice DOULAT Alfred [DOULAT Marius, Alfred] par Pierre Broué, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Pierre Broué

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 52 M 119, 77 M 1 et 2, 82 M 2. — Archives municipales de Villeurbanne, 1J7 : Registres de déclarations des débits de boisson (1929-1937).

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